Page:La Fontaine - Œuvres complètes - Tome 4.djvu/14
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L’amour est de soy-mesme assez plein de tourment,
Sans que l’impatience augmente encor le vostre.
Au chagrin de ce mal n’en adjoustez point d’autre :
Aymez tousjours Thaïs, et vous aymez aussi.
Le conseil en est bon, mais…
Quoy mais ?
La voicy.
Sa presence met donc vos projets en fumée ?
Pour ne te point mentir, mon ame en est charmée.
Scène 2
Thaïs
Ah, Phœdrie ! Hé, bons Dieux ! Quoy, vous voir en ce lieu !
Vraiment vous avez tort : que n’entrez-vous ?
Adieu.
Adieu ! le mot est bon, et vaut que l’on en rie.
Quoy, Thaïs, à l’affront joindre la raillerie !
C’est trop.
De quel affront entendez-vous parler ?