Page:Maupassant - Le Rosier de Madame Husson.djvu/59

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– C’est mieux que cela, c’est charmant, délicat et très artiste.

– Donnez alors.

Elle prit le livre, l’ouvrit et se mit à le parcourir avec un petit air étonné prouvant qu’elle ne lisait pas souvent de vers.

Parfois, elle semblait attendrie, parfois elle souriait, mais d’un autre sourire qu’en lisant son journal.

Soudain, je lui demandai : – Cela vous plaît-il ?

– Oui, mais j’aime ce qui est gai, moi, ce qui est très gai, je ne suis pas sentimentale.

Et nous commençâmes à causer. J’appris qu’elle était femme d’un capitaine de dragons en garnison à Ajaccio et qu’elle allait rejoindre son mari.

En quelques minutes, je devinai qu’elle ne l’aimait guère, ce mari ! Elle l’aimait pourtant, mais avec réserve, comme on aime un homme qui n’a pas tenu grand’chose des espérances éveillées aux jours des fiançailles. Il l’avait pro-