Page:Maurice Joly - Son passe, son programme par lui meme - 1870.djvu/24

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lois et du Figaro, a ménagé pendant un an ses excellents poumons, vrais soufflets de forge, en se faisant passer pour le poitrinaire de Millevoye.

— Qu’est-ce qu’il y a ? C’est la façon dont Gambetta, arrivé, parle à un camarade qui en ferait sauter deux comme lui dans une poêle à frire.

— Il y a Jura, commissaire du gouvernement, Maurice Joly.

— Impossible, on a nommé quelqu’un.

— Alors un autre département, n’importe lequel, pourvu que je vous amène des hommes.

Le fougueux Marseillais, qui a la prétention de singer Mirabeau, et qui n’a dans le ventre que des circulaires à la Émile Ollivier, me dit non. — Pourquoi ? — Parce que vous vous êtes trop compromis avec le parti avancé ; il nous faut des hommes qui n’inquiètent pas la province, etc., etc. Je prends mon chapeau, et je m’en vais ; M. Gambetta s’était sauvé dans un arrière-cabinet avant d’attendre ma réponse. Je ne fus pas aussi dur que j’aurais dû l’être ; mais bast ! on dit toujours que j’ai mauvais caractère.

Telle est l’histoire de la place demandée et reprochée par M. Ferry.

Que dire à des hommes qui ont laissé périr la province pour ne pas y avoir envoyé des commissaires, et dont l’un y ajoute cette sottise : Qu’il est honteux de demander à servir la République et la patrie quand elles sont en danger.




Un mot sur ma participation à la manifestation de l’Hôtel de Ville. Un autre mot sur moi-même, et j’ai fini.




J’ai publié dans plusieurs journaux et par voie d’affiches (que par parenthèses l’autorité a fait arracher) comment les faits s’étaient passés.

Je n’ai pas le temps de répéter tout cela, et je me borne à préciser les points essentiels.

1° Je ne suis entré à l’Hôtel-de-Ville, à la tête d’une délégation d’une vingtaine de citoyens, qu’avec l’autorisation et sur le désir exprimé par M. Jules Simon, qui, ne pouvant se faire entendre de la foule, indiqua lui-même ce mode de communication avec les masses profondément émues, qui remplissaient la place de Grève.

2° Je suis totalement, absolument étranger à ce qu’ont pu combiner tels ou tels autres manifestants, si tant est que quelque chose ait été combiné à l’avance. Ce que je puis affirmer, c’est que les masses que