Page:Meilhac et Halévy - Théâtre, VII.djvu/404

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trop jouer à la paume… Un jour que j’avais gagné, un gars de l’Alava me chercha querelle ; j’eus encore l’avantage… mais cela m’obligea de quitter le pays. Je me fis soldat !… Je n’avais plus mon père ; ma mère me suivit et vint s’établir à dix lieues de Séville… avec la petite Micaëla… C’est une orpheline que ma mère a recueillie, et qui n’a pas voulu se séparer d’elle…


LE LIEUTENANT.

Et quel âge a-t-elle, la petite Micaëla ?


JOSÉ.

Dix-sept ans…


LE LIEUTENANT, riant.

Il fallait dire cela tout de suite !… Je comprends maintenant pourquoi vous ne pouvez pas me dire si les ouvrières de la manufacture sont jolies ou laides…

La cloche de la manufacture se fait entendre.

JOSÉ.

Voici la cloche qui sonne, mon lieutenant, et vous allez pouvoir juger par vous-même… Quant à moi, je vais faire une chaîne pour attacher mon épinglette.


Scène IV

JOSÉ, Soldats, Jeunes Gens et Cigarières.


La place se remplit de jeunes gens qui viennent se placer sur le passage des cigarières. — Les soldats sortent du poste. — José s’assied sur une chaise, et reste là, fort indifférent à toutes ces allées et venues, travaillant à sa chaîne.


CHŒUR
La cloche a sonné ; nous, des ouvrières
Nous venons ici guetter le retour ;
Et nous vous suivrons, brunes cigarières,
En vous murmurant des propos d’amour.
À ce moment, paraissent les cigarières, la cigarette aux lèvres. Elles passent sous le pont et descendent lentement en scène.