Page:Moreau.- Mémoires historiques et litteraires F.-J. Talma, 1827.djvu/53

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« Citoyens, j’ai toujours aimé, j’aime encore la liberté ; mais j’ai toujours détesté le » crime et les assassins : le règne de la ter-

  1. question nie serre le cœur, et je ne peux nie la faire sans une émotion douloureuse. God bless you, and me also. Je vais écrire sur l’art dramatique, et la moitié de mes idées me viendront de vous. Adrien de Montmorency, qui est le souverain juge de tout ce qui tient au bon goût et à la noblesse des manières, dit que madame Talma et vous, vous êtes parfaits aussi dans ce genre. Toute ma société vous est attacbée à tous les deux. On raconte mes hymnes sur votre talent par la ville, et Camille (Jordan) m’en a raconté à moi-même que j’ai trouvés pindariques, mais je ne suis pas Corinne pour rien, et il me faut pardonner l’expression de ce que j’éprouve. Le directeur du spectacle est venu me voir, après votre départ, pour me parler de vous. Je lui ai su gré de si bien s’adresser. Sa conversation était comique, mais je n’étais pas en train de rire, et j’ai laissé passer tout ce qu’il a bien voulu me dire pour me donner bonne opinion de lui. Ainsi chacun s’agite pour réussir : il n’y a que le génie qui triomphe presque à son insu. Ainsi vous êtes. Adieu, écrivez-moi quelques lignes sur votre santé, vos succès, et la probabilité de vous revoir. Mon adresse est à Coppet (Suisse). Adieu, adieu ; mille tendres complimens à madame Talma.
    P. S. Je pars dans une heure ; les Templiers sont traduits en espagnol et se jouent à Madrid. »