Page:Nerciat - Félicia.djvu/47

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nu et livrant à notre vengeance une vaste paire de fesses. Nous traitâmes mal cet embonpoint béni. On avait apporté bonne provision de verges ; elles furent usées jusqu’au dernier brin sur le râble du pécheur qui, menacé du prétendu chirurgien, subit son exécution sans oser jeter un cri ; eh ! qui ne se laisserait pas martyriser le reste du corps, pour sauver une partie qui fait plus des trois quarts du bonheur de la vie ?

M. le docteur dûment fustigé, tout le monde parut apaisé. Ses vêtements lui furent rendus, sans oublier la chemise très maculée et qu’il fallut rendosser. Puis, on le reconduisit jusqu’à la rue, chacun tenant un flambeau et lui témoignant les plus respectueux égards.




CHAPITRE XIII


Qui annonce quelque chose.


On voit assez que les gens avec qui je vivais n’étaient pas fort sévères à mon égard et que je ne les gênais plus ; ils me traitaient déjà comme une personne formée. Je surpassais, en effet, les espérances qu’ils pouvaient avoir conçues en m’adoptant ; j’étais à but avec Sylvina, et son mari n’avait point le ton grave d’un oncle ou d’un père, dont il me tenait lieu. J’étais de tous les plaisirs. Je voyais bien des choses ; je suppléais au reste, et l’accommodais aux bornes étroites de mon imparfaite théorie. Les amis, et Lambert en chef, ne bougeaient de la maison. Sylvina faisait par-ci par-là des heureux ; aussi, était-elle d’une attention envers son mari !… d’une prévenance, d’une aménité pour les maîtresses et les modèles !… On ne peut le répéter assez : heureux les cocus.