Page:Nerval - Aurélia, Lachenal & Ritter, 1985.djvu/151

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sans récompense comme à un chevalier du moyen-âge, chevauchant à quelque entreprise, sous sa froide armure de fer. J’ai bien un peu de ce sang-là dans les veines, moi, pauvre et obscur descendant d’un châtelain du Périgord ; mais les temps sont tristement changés, et les femmes aussi. Gardez-nous, mesdames, la fidélité des anciens temps, et nous nous résignerons peut-être à faire comme nos pères. Mais, en vérité, ce serait là bien du temps et du bonheur perdus.

Voyez-vous, je vous parle en riant ; mais je tremble que votre lettre ne soit pas tout à fait sérieuse. Il y a toujours quelque niaiserie à trop respecter les femmes. Elles tirent souvent avantage d’une trop grande délicatesse pour exiger des sacrifices dont elles se raillent en secret. Oh ! je suis bien loin de vous croire coquette ou perfide ! mais de grâce, un peu de confiance, un peu de clarté dans ces détours où je me heurte à chaque pas !