Page:Nerval - Aurélia, Lachenal & Ritter, 1985.djvu/181

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Vous vous trompez, Madame, si vous pensez que je vous oublie ou que je me résigne à être oublié de vous. Je le voudrais, et ce serait un bonheur pour vous et pour moi sans doute ; mais ma volonté n’y peut rien. La mort d’un parent, des intérêts de famille ont exigé mon temps et mes soins, et j’ai essayé de me livrer à cette diversion inattendue, espérant retrouver quelque calme et pouvoir juger, enfin, plus froidement ma position à votre égard. Elle est inexplicable, elle est triste et fatale de tout point ; elle est ridicule peut-être ; mais je me rassure en pensant que vous êtes la seule personne au monde qui n’ayez pas le droit de la trouver telle. Vous auriez bien peu d’orgueil si vous vous étonniez d’être aimée à ce point et si follement.

Madame, je vous avais obéi ; j’avais attendu pour vous voir le jour où tout le monde en a le droit. J’ai changé d’idée.

Oh ! si j’ai réussi à mêler quelque chose de mon existence dans la vôtre, si toute une année je me