Page:Nerval - Aurélia, Lachenal & Ritter, 1985.djvu/183

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je n’ai pas compris que les deux sentiments que je voulais exciter ensemble se froisseraient dans votre cœur. Plus jeune, je vous eusse touchée par une passion plus naïve et plus chaleureuse ; plus vieux, j’aurais su mieux calculer ma marche, étudier votre caractère et trouver à la longue les secrets que vous me cachez. Si je vous fais un aveu si complet, c’est que je vous sais digne de comprendre un esprit trop singulier pour être saisi tout d’abord, trop fier pour se livrer lui-même, sans garantie et sans espoir…