Page:Nerval - Aurélia, Lachenal & Ritter, 1985.djvu/193

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Madame, puisque le malheur veut qu’une circonstance insignifiante vienne tout à coup m’arracher à ce peu de calme que j’avais retrouvé enfin et qui me servait à préparer l’avenir, puisque tout un passé qu’il fallait oublier revient gronder à mes oreilles et me rapporter à la fois ses émotions et son vertige, écoutez donc quelques mots encore et vous y gagnerez peut-être des mois de résignation et de silence de ma part :

Que vous ayez, en un seul jour, oublié tant de dévouement, dont vous aviez des preuves, tant de loyauté et de bonne foi qui se trahissaient dans mes moindres rapports, que vous ayez même flétri d’un doute une proposition qui honorait mon cœur, même en admettant que mon amour-propre en eût mis trop haut l’importance, — je ne vous en veux pas, j’accepte cette punition cruelle d’une imprudence probable dont j’ai peine à me rendre compte même aujourd’hui… Mais je ne vois dans tout cela rien d’irréparable. Je ne suis coupable