Page:Ni Marat ni Roland.djvu/10

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avoit eu bien peu d’influence en Amérique. Je lui appris que la dernière convention américaine professoit les mêmes principes : j’insistai ensuite sur l’importance de recevoir les Savoisiens dans notre sein, pour déjouer les sénats helvétiques, et pour éviter le funeste exemple des formes fédératives. Ah ! je sais, nous dit-il, d’un ton menaçant, que des habitans de Carouge me sont adressés ; mais ils n’y retourneront pas deux fois. C’est ainsi que l’intrigue environne un vieillard vertueux, mais bizarre, pour désorganiser un empire, pour lutter contre les destinées du genre humain. Le poëte Chénier a dit, que Roland est un personnage historique ; et moi, prosateur, je maintiens que Roland est un personnage fabuleux. Condorcet a dit un mot profond : Il faut aux intrigans un Lafayette civil.

Les royalistes et les fédéralistes vont réveiller la secrète jalousie des principales villes contre la grand’ville, en insinuant que Paris veut être roi de France. Ils en concluent naturellement, que la maison de Bourbon est préférable à une maison commune, et que le fédéralisme vaut mieux que l’assujettissement. De ce réveil stupide, résulte une garde militaire, qui, au premier mécontentement prévu et provoqué, entraînera la convention nationale,