Page:Noel - Dictionnaire de la fable, 1801, Tome 1.djvu/17

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PRÉFACE. ix

quantes ? Cette interdiction serait aussi absurde qu’inutile. Le monde idéal, comme le monde physique, appartient au génie poétique ; cl c’est à lui à tenter de nouvelles découvertes dans le pays de la fable comme dans la région de la vérité. Et qui oserait dire à 1 aigle, borne-là ton audacieux essor ? Voyez avec quel talent Pope a mis en œuvre les fictions cabalistiques dans sa Boucle de cheveux enlevée, et quelles ressources le Tasse avait trouvées avant lui dans les idées de magie accréditées de son temps. C’est ainsi que le génie sait mettre tout à contribution, et tenter des excursions heureuses ; c’est ainsi que récemment un poème dont la licence a justement effarouché les Grâces, mab qui éiincelle de beautés du premier ordre, a fait mouvoir l'Olympe Scandinave, et figurer Odin à côté de Jupiter.

Cette mythologie, qui n’est qu’une division de la celtique, était déjà connue par l’Edda de M. Mallet. Quoique d’un intérêt inférieur à celui des fables grecques et romaines, elle se soutient après ces antiques fictions, et plaira, ne fût-ce que par la variété. Elle se sent un peu, il en faut convenir, des climats rudes et sauvages qui furent son berceau ; et cette âpreté même donne à ses dieux ime physionomie particulière qui a son genre de mérite.