Page:Noel - Dictionnaire de la fable, 1801, Tome 1.djvu/25

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Préface. xvij

parer Manco-Capac avec Numa, et à retrouver des fils du Soleil dans le palais de Cusco, comme sur les trônes de la Grèce.

Je n’ai pas même dédaigné les inepties des démonographes, et les prestiges de la prétendue sorcellerie. Des hommes éclairés d’ailleurs y ont ajouté foi ; des tribunaux entiers ont condamné à une mort horrible de malheureuses victimes d’une imagination faible et de l'aveugle fanatisme, et c’est à la lueur des bûchers qu’on a prétendu éclairer les consciences. Ces fictions absurdes prennent dès-lors un degré d’intérêt qui ne m’a pas permis de les omettre.

J' ai cru faire une chose agréable aux artistes, en leur consacrant spécialement une partie qui, jusqu’à présent, n’était pas entrée dans le plan des ouvrages de ce genre. Je veux parler de l'iconologie, qu’on pourrait appeler la mythologie moderne, comme la mythologie ancienne n’a souvent été qu’une véritable iconologie. Ce n’est pas que j’aie la prétention de suggérer des idées aux artistes supérieurs : les David, les Girodet, les Gérard, les Guérin, et toute cette brillante école qui reconnaît Vien pour son guide, ont prouvé qu’ils n’étaient pas faits pour marcher à la lisière. Mais si le génie ne se donne pas, il s’échauffe et se féconde par l’étude, la


Tome I. b