Page:Pierquin - Le Poème anglo-saxon de Beowulf.djvu/33

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roi de Norvège, et d’Healfdene, un roi de Suède. Cette dernière, d’après Beowulf et l’Heimskringla[1], était au pouvoir d’Eadgils[2]. L’histoire d’Hrolfkraki, fils d’Halga, adoptée et par Torfaeus, et par Holberg correspond bien à la relation de Beowulf (v. 4.223) sur le même sujet : notre poème représente Fróda V, comme le meurtrier de son frère, Healfdene ; il le dépeint comme surpris et brûlé vif par Hródgár et Halga, laissant un fils, probablement Hrodwulf[3], avec qui Hródgár fit une paix durable, en lui donnant pour femme sa propre fille Freáware, et en l’associant à la dignité royale. Il est à remarquer que la tradition normande rapporte qu’après des années, Hródgár vendit sa part de royauté pour beaucoup d’or[4], et s’exila volontairement.

Il est peu question d’Halga par tout le poème : il est dit, toutefois, que le royaume fut partagé de telle sorte qu’Hródgár devint roi de toutes les terres ; Halga, de la mer ; et qu’après le partage, Hródgár changea le siège de sa capitale et fonda Roskeldia, d’où provient dans Beowulf, la légende de la fondation d’Heorot.

Selon Torfaeus, Hródgár naquit A. D. 444, et régna A. D. 460. Ces dates concordent bien avec la Chanson du Voyageur qui fait d’Hródgár un contemporain d’Hermanaric, l’ostrogoth ; de Gúdhere, le Burgonde ; d’Attila ; et de Sigmund, le Waelsing.

  1. Snorro Sturleson, Heimskringla. Hist. Reg. Norweg., Ed. Schöning, fol. Hafn., 1777. Cf. Ynglinga Saga, XXX, XXXII.
  2. Cf. Ed. Torfaei, Hafn., 1715.
  3. Cf. Trav. Song., v. 89.
  4. Cf. Langebeke, Script. Dan., vol. I et II,