Page:Pierquin - Le Poème anglo-saxon de Beowulf.djvu/35

La bibliothèque libre.
Aller à : navigation, rechercher
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


gies danoises, alors qu’ils florissaient dans le Sleswicg et le Jutland, durant le règne d’Hródgár en Danemark : d’Eadgils et d’Ohtere en Suède, — on en peut conclure, déjà, que Beowulf est un poème anglo-saxon. Quelques détails prouvent qu’on le devrait, peut être, au pays angle : les termes de louange par lesquels Offa est toujours désigné ; l’ignorance manifestée, par l’auteur de Beowulf, de toutes les traditions danoises ; le choix d’un Angle ou d’un Geat, comme héros de l’aventure, et la forme saxonne de tous les noms propres que l’on rencontre dans Beowulf, en font une œuvre autochtone et distincte, en dehors du cycle des Sagas du Nord.

III

Le chant d’introduction du poème est consacré au héros mythique, Scyld, descendant de Sceáf. Sceáf et Scyld figurent dans les généalogies incertaines des rois saxons, à côté du descendant de Wôden. Il est rapporté de Sceáf, qu’il fut exposé sur les eaux, dans un berceau, avec une gerbe de blé sur sa tête : d’où son nom (Sceaf, Sheaf, gerbe de blé). Les eaux le portèrent sur la côte du Sleswicg, où son arrivée miraculeuse le fit élever avec soin à la cour où bientôt, il devint roi. Les principaux passages où ces détails furent relatés, sont les suivants ;

« Ipse Scéf cum uno dromone advectus est in insulam oceani quæ dicitur Scani, armis circumdatus, eratque valde recens puer, et ab incolis illius terræ ignotus, attamen ab eis suscipitur ; et ut familiarem diligenti animo eum custodiunt, et post in regem eligunt » (Æthelw. Bk. 3. ch. 3).

« Iste (Sceáf) ut fertur, in quamdam insulam Germaniæ Scandzam, de qua Jordanes, historiographus Gothorum,