Page:Poe - Derniers Contes.djvu/12

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« Hé ! hé ! hé ! » répliqua tout doucement le Diable en se renversant avec un air de hauteur.

« Non, vraiment, vous n’êtes pas sérieux ! » riposta De l’Omelette. « J’ai péché — c’est vrai — mais, mon bon monsieur, considérez la chose ! — Vous n’avez pas sans doute l’intention de mettre actuellement à exécution de si… de si barbares menaces. »

« Pourquoi pas ? » dit sa Majesté — « Allons, monsieur, déshabillez-vous. »

« Me déshabiller ? — Ce serait vraiment du joli, ma foi ! — Non, monsieur, je ne me déshabillerai pas. Qui êtes-vous, je vous prie, pour que moi, Duc de l’Omelette, Prince de Foie-gras, qui viens d’atteindre ma majorité, moi, l’auteur de la Mazurkiade, et Membre de l’Académie, je doive me dévêtir à votre ordre des plus suaves pantalons qu’ait jamais confectionnés Bourdon, de la plus délicieuse robe de chambre qu’ait jamais composée Rombert — pour ne rien dire de ma chevelure qu’il faudrait dépouiller de ses papillottes, ni de la peine que j’aurais à ôter mes gants ? »