Page:Poe - Derniers Contes.djvu/13

La bibliothèque libre.
Aller à : navigation, rechercher
Cette page a été validée par deux contributeurs.


« Qui je suis ? » dit sa Majesté. — « Ah ! vraiment ! Je suis Baal-Zebub, prince de la Mouche. Je viens à l’instant de te tirer d’un cercueil en bois de rose incrusté d’ivoire. Tu étais bien curieusement embaumé, et étiqueté comme un effet de commerce. C’est Bélial qui t’a envoyé — Bélial, mon Inspecteur des Cimetières. Les pantalons, que tu prétends confectionnés par Bourdon, sont une excellente paire de caleçons de toile, et ta robe de chambre est un linceul d’assez belle dimension. »

« Monsieur ! » répliqua le Duc, « je ne me laisserai pas insulter impunément ! — Monsieur ! à la première occasion je me vengerai de cet outrage ! — Monsieur ! vous entendrez parler de moi ! En attendant au revoir ! » — et le Duc en s’inclinant allait prendre congé de sa Satanique Majesté, quand il fut arrêté au passage par un valet de chambre qui le fit rétrograder. Là-dessus, sa Grâce se frotta les yeux, bailla, haussa les épaules, et réfléchit. Après avoir constaté avec satisfaction son identité, elle jeta un coup d’œil sur son entourage.

L’appartement était superbe. De l’Omelette ne put s’empêcher de déclarer qu’il