Page:Prével et Tréfeu, La Romance de la rose.djvu/27

La bibliothèque libre.
Aller à : navigation, rechercher
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


JEAN-LOUIS.

Moi, madame ? J’venions… dam !… j’venions…

RÉBECCA.

Allons, sois franc !…

JEAN-LOUIS.

Pour chanter une barque, une barque, je ne sais plus comment y disent ça.

RÉBECCA.

Une barcarolle ? — Tu sais donc chanter ?

JEAN-LOUIS.

Si je sais chanter ? Mais je chante quatre heures d’horloge, et n’o m’entend jusqu’à Honfleur quand le vent donne.

RÉBECCA.

Mais alors, tu chantes très-bien ?

JEAN-LOUIS.

Vous êtes ben honnête.

RÉBECCA.

Veux-tu faire plaisir à ta baigneuse ?

JEAN-LOUIS.

Oh ! j’crois ben. Je n’viens pour que ça.

RÉBECCA.

Eh bien ! chante-lui la romance que tu entends chanter tous les jours à ces messieurs.

JEAN-LOUIS.

Ah ! celle-là qui m’agace !

RÉBECCA.

Justement.

JEAN-LOUIS.

Et vous croyez que ça va la rendre contente ?

RÉBECCA.

Elle va t’embrasser. Elle n’adore que celle-là. Va, va. (A part.) Moi, je cours au casino.

Elle sort.


Scène XV

JEAN-LOUIS, seul.


M’embrasser ? (Il fait grincer les cordes.) Elle va m’embrasser ?… Mais oui que je te vas ravir, ô mon ange… Justement sa fenêtre est ouverte… à nous deusses.

Il chante.