Page:Rabelais - Pantagruel, ca 1530.djvu/25

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vous en trouverez bien, et men croyez sur mon honneur. A quoy obtemperant allerent a lenterrement et funerailles : et le pauvre Gargantua demoura a lhostel : mais ce pendant il fist lepitaphe pour estre engrave en la maniere que sensuyt.

Elle en mourut la noble Badebec
Du mal denfant, qui tant me sembloit nice :
Car elle avoit visaige de rebec,
Corps despaignole, et ventre de souyce.
Priez a dieu, qua elle soit propice,
Luy pardonnant sen riens oultrepassa :
Cy gist son corps au quel vesquit sans vice,
Et mourut lan et iour que trespassa.

De l’enfance de Pantagruel. xxxxxChap. iiii.

Vignette 3

e trouve par les anciens historiographes et poetes, que plusieurs sont nez en ce monde en façons bien estranges qui seroient trop longues a racompter, lisez le viie livre de Pline si avez loysir. Mais vous nen ouystes iamais dune si merveilleuse comme fut celle de Pantagruel. Car cestoit chose difficile a croire comment il creut en corps et en force en peu de temps. Et nestoit rien de Hercules, qui estant au berceau tua les deux serpens : car les serpens estoient bien petitz et fragiles. Mais Pantagruel estant encores au berceau fist de cas bien espouventables. Ie laisse icy a dire comment a chascun de ses repas il humoit le laict de quatre mille six cens vaches. Et comment pour luy faire un paeslon a cuire sa bouillie furent occupez tous les paesliers de Saumur en Aniou, de Villedieu en Normandie, de Bramont en Lorraine : et lu