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II. Sa vie politique


I. — Lamartine sous la monarchie de 1830. [1]


L’histoire a d’étranges retours. Deux fois dans la vie d’une génération et dans des conditions bien différentes la république a reparu en France. Aujourd’hui elle vient de renaître, au milieu des plus tragiques hasards de la guerre, comme une improvisation désespérée de la patrie en péril, comme un pouvoir suprême et anonyme de défense contre un héritage de désastres à conjurer. Il y a vingt-deux ans, elle naissait du cours mystérieux des choses, du progrès démocratique ou, si l’on veut, d’une précipitation populaire mais, dans tous les cas d’un gouvernent tout intérieur où la nécessité de faire face à l’étranger n’était pour rien, et du premier coup un homme environné de gloire poétique lui donnait presque son nom en la couvrant de la magie de sa parole. Cet homme, c’était l’auteur des Méditations, l’auteur des Girondins. Qui eût dit à Lamartine, au moment où il échappait aux influences de sa jeunesse et de la restauration, qu’il serait un jour un des orateurs, un des chefs d’une république à peine entrevue alors dans l’avenir, et que cette république, qu’il voulait généreuse, humaine, libérale,

  1. Voyez la Revue du 1er août.