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Où est le gouvernement ?


Les Chambres viennent de rentrer après plus de trois mois de vacances, et les journalistes se mettent en campagne, interrogeant tous les points de l’horizon et demandant des consultations à tous les bureaux de météorologie politique. Sortira-t-il ? ne sortira-t-il pas ? Et l’on entend de reste qu’il s’agit, non du capucin de carton, mais de M. Combes. Mais qu’il sorte ou ne sorte point, qu’il s’en aille ou demeure, — les chances sont plutôt pour qu’il demeure, — oserai-je dire que c’est une question lion pas assurément sans intérêt, ni même sans importance, mais qui peut-être n’a pas autant d’importance qu’on lui en prête, dans le petit monde, assez particulier, où un changement de ministère est encore un événement ?

Ce n’est pas que les œuvres de M. Combes soient de nature à ne pas faire vivement désirer de le voir renvoyer à ses chères études, dût-il être rejeté, par-delà la médecine, jusque dans la théologie : sa politique est de celles qu’il est permis de quartier, ou plutôt qu’il n’est permis de qualifier que d’un mot : elle est détestable ; et, soit qu’il parle, soit qu’il agisse, la forme dont il la revêt ne sert qu’à en accuser la patavinienne lourdeur, si ce n’est la brutalité grossière. Mais, outre qu’il ne suffit pas de n’avoir point à le regretter pour n’avoir point à s’inquiéter de ses successeurs possibles, quelque haute signification qu’un ancien et traditionnel respect des pouvoirs constitués nous ait accoutumés à attacher aux démarches d’un premier ministre, le