Page:Sévigné - Lettres, éd. Monmerqué, 1862, tome 1.djvu/531

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1668Ma fille a pensé être mariée[1]. Cela s’est rompu, je ne sais pourquoi. Elle vous baise les mains, et moi à toute votre famille[2].




78. — DU COMTE DE BUSSY RABUTIN
À MADAME DE SÉVIGNÉ..

Le lendemain du jour que j’eus reçu cette lettre, j’y fis cette réponse.

À Bussy, ce 9e juin 1668.

LA dernière lettre que vous m’avez écrite avant celle que je reçus hier de vous, ma belle cousine, étoit du 20e mai de l’année passée, à quoi je répondis sur-le-champ, du 23e mai : est-ce que vous n’avez pas reçu ma réponse ? car personne n’est plus ponctuel avec tout le monde que moi, et surtout avec vous, à qui j’aime à écrire, et je réponds aujourd’hui à votre lettre du 6e de ce mois, dans laquelle vous ne sauriez pas vous empêcher de m’agacer sans sujet.

Pourquoi me dire que je ne vous pardonne point l’offense que je vous ai faite, puisque je vous en ai demandé mille fois pardon, et que vous m’avez promis autant de fois

  1. La comtesse de Fiesque écrivait à Bussy, le 4 janvier 1668 : « Mlle de Sévigné épouse, dit-on, le comte d’Étauges ; il est riche, mais assez sot. » Bussy lui répondit, le 10 janvier : « Je suis ravi que Mlle de Sévigné se marie ; elle le seroit déjà, et fort bien, si le mérite étoit toujours heureux. Cependant si le futur est aussi sot que vous le dites, je crois que la demoiselle ne lui ôtera pas cette qualité. » Il avait été question antérieurement de quelques autres partis. Voyez la Notice, p. 102.
  2. Dans notre manuscrit, Mme de Coligny a ajouté la question que voici : « Ne faites-vous rien du côté de la cour ? Mandez-moi où vous en êtes. »