Page:Sévigné - Lettres, éd. Monmerqué, 1862, tome 1.djvu/561

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autre oncle l’évêque d’Uzès [1] étant ici, ce sera une affaire qui s’achèvera avant la fin de l’année. Comme je suis une dame assez régulière, je n’ai pas voulu manquer à vous en demander votre avis, et votre approbation. Le public paroit content, c’est beaucoup : car on est si sot que c’est quasi sur cela qu’on se règle[2].

Mais[3] voici encore un autre article sur quoi je veux que vous me contentiez, s’il vous reste un brin d’amitié pour moi. Je sais que vous avez mis au bas du portrait que vous avez de moi, que j’ai été mariée à un gentilhomme breton, honoré des alliances de Vassé[4] et de Rabutin. Cela n’est pas juste, mon cher cousin. Je suis depuis peu si bien instruite de la maison de Sévigné, que j’aurois sur ma conscience de vous laisser dans cette erreur. Il a fallu montrer notre noblesse en Bretagne, et ceux qui en ont le plus ont pris plaisir de se servir de cette occasion pour étaler leur marchandise. Voici la nôtre :

Quatorze contrats de mariage de père en fils ; trois cent cinquante ans de chevalerie ; les pères quelquefois considérables dans les guerres de Bretagne, et bien marqués dans l’histoire ; quelquefois retirés chez eux comme des Bretons ; quelquefois de grands biens, quelquefois de médiocres ; mais toujours de bonnes et de

  1. Jacques Adhémar de Monteil de Grignan, d’abord évêque de Saint-Paul-Trois-Châteaux après son frère, puis évêque et comte d’Uzès de 1660 à 1674, mourut le 13 septembre de cette dernière année.
  2. Dans le manuscrit de Bussy, il y a ici, entre les lignes, une addition relative à l’imitation d’Ovide qui est mentionnée, par une addition semblable, dans la lettre précédente : « Vos Remèdes d’amour méritent un éloge que je n’ai pas le loisir de faire aujourd’hui : ils sont incomparables. »
  3. Cet alinéa et le suivant ne se trouvent pas dans le manuscrit de Langheac.
  4. C’était comme alliés des Vassé que les Sévigné étaient parents du cardinal de Retz. Voyez la Notice, p. 33.