Page:Sophocle, trad. Leconte de Lisle, 1877.djvu/287

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KRÉÔN.

Autant, je pense, que la démence est le plus grand des malheurs.


TEIRÉSIAS.

Ce malheur est pourtant le tien.


KRÉÔN.

Je ne veux pas rendre ses injures à un divinateur.


TEIRÉSIAS.

C’est ce que tu fais en disant que mes divinations sont fausses.


KRÉÔN.

Toute la race des divinateurs, en effet, est l’amie de l’argent.


TEIRÉSIAS.

Et la race des tyrans aime les gains honteux.


KRÉÔN.

Sais-tu bien que tu parles à ton maître ?


TEIRÉSIAS.

Certes, je le sais, car c’est par mon aide que tu as sauvé cette ville.


KRÉÔN.

Tu es un divinateur habile, mais aimant les mauvaises ruses.