Page:Stowe - Marion Jones.djvu/12

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pour accuser un mort. Lorsqu’il eut appris que le cas n’admettait pas de réparation, il s’en consola en réfléchissant que la terre était passée en héritage à deux pauvres filles. J’espère que cela leur profitera. De Silence je n’ai pas grand’chose à dire, mais Marion est une jolie petite fille. Et le vieillard s’en alla consolé, disant que, puisqu’il n’y avait rien à réclamer, mieux valait ne rien dire de cette affaire.

Ces deux filles en question, Silence et Marion, étaient la plus âgée et la plus jeune d’une nombreuse famille, rejetons des trois femmes de Seth Jones, dont il ne restait que ces deux filles. L’aînée, Silence, était une grande forte fille, à l’œil noir, les traits durs approchant de la quarantaine, avec une grosse voix, bien résolue, et ce que l’Irlandais appellerait d’une manière décente de s’en servir. Son nom était un problème pour tout le voisinage, car elle avait plus de facultés et de dispositions à faire du bruit qu’aucune autre fille du village. Mademoiselle Silence était une de ces personnes qui ne se sentent nullement disposées à céder la plus faible partie de leurs droits. Elle affrontait toutes les discussions, battait en