Page:Stowe - Marion Jones.djvu/35

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questions psychologiques. La nuit, il rêva qu’il trottait, son petit panier sous le bras, vers la vieille maison d’école, et qu’il essayait en vain de rattraper Marion Jones, qu’il apercevait devant lui avec son petit chapeau de paille ; puis il se retrouvait dans l’école assis à côté d’elle, tous deux penchés sur une ardoise, et les boucles soyeuses de la jeune fille frôlant son visage ; puis il accablait de boules de neige Tom William, parce qu’il avait fait tomber le château de cartes de Marion ; ou bien il était assis sur un banc avec elle, pour lui aider à faire une longue addition ; mais, avec cette fatalité que présentent souvent les rêves, il avait beau compter et recompter, il ne trouvait jamais la même somme ; et il se réveilla le matin, pestant contre sa mauvaise fortune, et Marion, qui le regardait avec ce sourire malicieux de la veille.

— Joseph, dit le Père Mâchoire le lendemain à déjeuner, je suppose que les filles du squire Jones n’étaient pas à cette soirée ?

— Mais, si, mon père, elles y étaient toutes les deux.

— Vous plaisantez ?

— Pas le moins du monde ; elles étaient présentes.