Page:TheatreLatin1.djvu/18

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Mx ANALYSE dmil du seigneur. Il a pour rival sou propre üls, que Dans Casina, Plnule n’est pas seulement harrli contre Plauteaeu la délicatesse de ne point faire paraitre. Mais la décence et les bonnes mœurs, il Pest aussi contre les les intérêts du jeune homme sont chaudement défendus, dieux qu’il trailc fort lcslement. Mais il parait que les dé- en son absence, par son écuyer, et surtout par sa mère, vols de Rome entendaient fort bien la plaisanterie. qui prelend punir les infidelités du vieux mari. Uanalogie de cette piece avec le Mariage de Figaro Il Il faut l’av0ner, le sujet n’est guère édifiant. Ubonuetelé frappé tous les critiques. Il nous sullit d’lndiquer cette et la pudeur sont blessées en plus d'un endroit. Mais si I’on imitation involontaire, et par là meme plus curieuse : car ferme un peu les yeux sur ce défaut, on trouvera des assurément Beaumarchais u`a pas songé ai la comédie an- traits dbbservation lius et justes, et même une moralité tique, en fabriquant l’iutrigue si compliquée et si atta· véritable. chante de son Figaro. Par exemple, la femme de notre galant à cheveux gris et œlle de son voisin, qui se plaignent des défauts de leurs LES DEUX BACC'"IS maris et se eonsolcnt en médisaul, ne sont-elles pas des portraits d’une vérité frappante et de tous les temps? Un jeune homme appelé Mnésiloqua a quitté Athènes (Fest là que les curieux pourront voir l‘întérîeur des mé- pendant deux ans pour recouvrer à Ephèse une somme nages de Rome, tracé avec un naturel et une malice char- d’arge11t due à son père. ll a chargé uu ami, Pistoclère, mante. de s’lnl`ormer de lnjcunc Bacchis , sa maitresse, dont il Le caractère des deux esclaves qui se disputent Cusina, cstînquiet , et qu’il croit partie d’Atbèn+··a. Bacchis a unc non pour eux, mais pour leurs maîtres , est marqué de sœur jumelle , qui porte le même nom et qui est aussi nuances très-ingeinicusesz l’un est un valet de Borne, plein courtisaue. Cette ressemblance est la source de Plutrigue. de ressources et de finesse; l’autre est un campagnard dé· Pistoclère, en soignant les intérêts de son ami auprès d’une liant. et madré sous une grossièreté apparente. Aussi le Bacchis, est devenu amoureux de l'autre en dépit des re- combat est—ll vif et amusant. montrances d’un sévère pédagogue. Mnésiloquc, qui ue Ou remarquera uu second acte une scène excellente : sait pas qu’il y :1 deux Bacclxîs, se croit trahi par son ami cost le changement subit. que l’Am0ur 21 produit dans et par sa maîtresse. les goûts, dans l'cxléricur du vieillard. ll s`l1abillc à la Sa maitresse l’aime toujours; mais en son absence la mode, il se pau·l`ume, il se redresse avec fuluilé: hélas! misère l'u réduite à :s‘engnger avec un militaire moyennau, c’cs|. cette coquelteric nouvelle qui le trahit devant sa 20 mines par an (t100 fr,). Muésîloque, qui revient avec femme! ce moyen, tiré du sujet même et de la passion du lïtrgent de son père, pouvait payer cette rançon ; mais, se personnage, est d’un excellent comique, et Plante l’u dé- voyant trahi, il a rendu Toute la somme au vieillard. lus ïeloppé avec beaucoup d'nrt et de vérité. irnit bientôt de son erreur, il se désole; l‘csclaveCl1rysa|c- On trouve au troisième acte un entretien fort comique habile fourbe, vient à son secours et trouve moyen de re- entre le galant sexagénaire el: son voisin. Celui-ci vent lui prendre Fargent au bonhomme. Cest pen de cette victoire: donner de bons conseils , le rappeler à la raison; mais après avoirdoimé à son maître l’or nécessaire pour rache- l’atutre ne lui demande que des encouragements et des se- tcrla belle, il lire encore du vieux Nicolmle de quoi ce- cours pour le succès de sa folle passion. léhrer joyeusement cette lu eu reusc délivrance. Le vieillard, L’acti0n s’cngagc vivement entre le mari et la femme· dupe des fripnns , l’est aussi des courlismws , et tout en Le vieux libertin veut, et pour cause, marier Casiua il son moralisant, il se laisse entraîner avec un autre vieux ser- esclave; Cléostrate prétend la donner à l`écuynrde son fils. monuour (lc père dc Pislcclère) dans les inévitables ûlcls Le sort cu décidera; les deux esclaves vont tirer casivna dc |’amour. au sort. Ici nous assistons E1 toutes les cérémonies, à tout Le role du précepteur de Pistoclère, qui veut empêcher Yappareil bizarre dé la sorcellerie des anciens. Cette son élève dc sc ruiner en soupers somptueux et d‘avoir invention dramatique était une parodie fort amusante une maitresse, est d’une originalité fort plaisante. La ré- pour les Romains, qui tiraient au sort les provinces voltc: de |'élève et la xivacité de ses passions animent et des magistrats, l’ondm des ccnturies ou tribus appelées à rcudent dramatiques les remontranresdu misonneur, or- opiner, etc.; pour nous, Gest encore une scène curieuse dinairement froides à la scène. Lydus a servi de modèle et piquante. Uesclave du vieillard gagne; mais le rusé nu pédaut du Grandeur. Ce précepteur est I'esclare de Clmlin prend sarevnnelle. son élève; singulier personnage, qui ifapparticnt qu’à la Il fait prévenir le bonhomme que Casina , désespérée société romaine, ou lfducationdes [ils de famille etaitcon- d’€tV0ir Olympion pour mari , est devenue folle el menace liée aux esclaves. Remarquons ici en passant que ces fonc- de tuer quicrmque se présenterait devant elle. tions et la culture d’esprit qu’cllcs supposent motivent Ou rcconuaît ici les Folws anzourczzses. Stnliuon , parfaitement 1’intcrvenllou des esclaves dans les intrigues qui n'est pas plus brave que lc tuteur Albert, mise pas dela comédie ancienne, (Pest l’0rigine de nos valets, de aller faire la cour à sa belle armée d’un énorme glaive. nos soubretles qui sont aussi les principaux instruments Gest peu : Chaliu se déguise cn femme ; il s’al"l'uble d’un de Faction , sans avoir le xminm titre à cette importance costume de jeune mariée; il emprunte les traits de Casina: dramatique. Les valais dcs anciens étaient vrais; les uùlrrs il prend place au lit nuptial, ct attend les galanterics du sont des imitations plaisantes, mais fausses. vieillard. Lc bonhomme tombe dans le piège, et ne reçoit, Le vieillard Philoxèue, élevé dans lamour du travail, pour prix de ses caresses, que des hourrades et des meur- selon les principes uuslères des premiers temps dela ré- trissures. Il revient dans un état pitoyable auprès de sa publique, formeun contraste piquant avecles minnrs nou- femme, qui triomphe et Paccable de raillerles et rlïnjures, vvlles. Il trace dans un couplet spirituel, éloquent, le plan ainsique tous les assistants. de cette éducation forte, grave, héroïque, qui a produit Dans ces situations délicates , Plante s’est abandonné à tant de grands hommes. toutes les licences que le partcrro dc Roma autorisait. Mais A ses moralites plquantcs, Plante mele liardîmcnt Pépi- dnus le fond de ce tableau trop libre, on aperçoit une idée gramme politique : ainsi la vénalité , Ics hrigues qui avi. morale gaiement exprimée : c’est Pliumlliatiou d’un vieil- lissaient déjà, en les prodiguant, les récompenses publi- lard libertin, méprise, raillé par sa lemme, joué, berné, ques, sont dénoncées par ce mot d'un inlrigant de lu battu par ses esclaves , et demandant pardon. plève : Ln pmu pe h·i0mphnIc... je n’y tiens pas. .