Page:Vidocq - Mémoires - Tome 2.djvu/191

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dessin d’une marine, c’était là sa seule distraction ; quelquefois c’était le portrait d’une femme dont il aimait à reproduire la ressemblance. Nous le vîmes sortir ; bientôt après on le ramena, et à peine le guichet se fut-il refermé sur lui, que tirant d’un petit sac de cuir un livre de prières, il y lut avec ferveur. Le soir il s’endormit comme de coutume jusqu’au lendemain, que le son du tambour nous avertit qu’un détachement pénétrait dans la cour de la prison ; alors il s’habilla précipitamment, donna sa montre et son argent à Lelièvre, qui était son camarade de lit ; puis, ayant baisé à plusieurs reprises un petit Christ, qu’il portait habituellement sur la poitrine, il serra la main à chacun de nous. Le concierge, qui avait assisté à cette scène, était vivement ému. Lorsque Christiern fut parti : – On va le fusiller, nous dit-il, toute la troupe est assemblée : ainsi dans un quart d’heure tous ses maux seront finis. Voyez un peu ce que c’est quand on n’est pas heureux. Ce matelot, que vous avez pris pour un Danois, est né natif de Dunkerque ; son véritable nom est Vandermot ; il servait sur la corvette l’Hirondelle, quand il fut fait prisonnier par les Anglais ; jeté à bord des pontons, comme tant d’autres,