Page:Vidocq - Mémoires - Tome 3.djvu/24

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de me cacher : d’abord il ne fut question que de bourses, dans lesquelles on trouva cent soixante-quinze francs, espèces sonnantes. La carte payée il restait cent francs, et l’on m’en donna vingt pour ma part, en me recommandant la discrétion : comme l’argent n’a pas de nom, je crus qu’il n’y avait pas d’inconvénient à accepter. Les convives se montrèrent enchantés de m’avoir affranchi, et deux flacons de beaune furent vidés pour célébrer mon initiation. On ne parla pas de la montre ; je n’en dis rien non plus pour ne pas paraître plus instruit que l’on voulait que je ne le fusse, mais j’étais tout yeux et tout oreilles, et je ne tardai pas à acquérir la certitude que la montre était au pouvoir de Gaffré. Alors je me mis à contrefaire l’homme ivre, et prétextant un besoin, je priai le garçon de service de me donner l’indication qui m’était nécessaire. Il me conduisit, et dès que je fus seul, j’écrivis au crayon un billet ainsi conçu :

« Gaffré et Manigant viennent de voler une montre dans l’église Saint-Roch ; dans une heure, à moins qu’ils ne changent d’idée, ils passeront au marché Saint-Jean. Gaffré est porteur de l’objet. »