Page:Vidocq - Mémoires - Tome 3.djvu/25

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Je descendis en toute hâte, et tandis que Gaffré et ses complices me croyaient encore au cinquième étage, occupé de mettre du cœur sur le carreau, j’étais dans la rue, d’où j’expédiai un courrier à M. Henry. Je remontai sans perdre de temps ; mon absence n’avait pas été trop longue ; quand je reparus, j’étais hors d’haleine et rouge comme un coq. On me demanda si je me sentais soulagé.

— Oui, beaucoup, balbutiai-je, en tombant presque sur la table.

— Tiens-toi donc, me dit Manigant.

— Il voit double, observa Gaffré.

— Est-il pompette ! reprit Compère, l’est-il ! mais le grand air le remettra.

On me fit donner de l’eau sucrée. – N… de D… ! m’écriai-je, de l’eau à moi ! à moi de l’eau !

— Oui, prends, ça te fera du bien !

— Tu crois ?

Je tends mon bras : au lieu de saisir le verre je le renverse, et il se brise. Je me livrai ensuite à quelques lazzis d’ivrogne qui égayèrent la société, et quand je supposai que M. Henry avait eu le temps de recevoir ma dépêche et de prendre ses mesures, je revins insensiblement à mon sang-froid.