Page:Vidocq - Mémoires - Tome 3.djvu/26

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En nous retirant je vis avec plaisir que notre itinéraire n’était pas changé. Nous nous dirigeâmes en effet vers le marché Saint-Jean ; il y avait là un corps de garde. Lorsque j’aperçus de loin les soldats assis devant la porte, je doutai d’autant moins que leur présence sur la voie publique ne fût le résultat de mon message que l’inspecteur Ménager était en observation derrière eux. Quand nous passâmes, ils vinrent à nous, et nous prenant poliment par le bras, ils nous invitèrent à entra au poste. Gaffré ne pouvait s’imaginer ce que cela signifiait ; il supposait que les soldats étaient dans l’erreur. Il voulut argumenter, on le somma d’obéir, et bientôt après il fallut se soumettre à la fouille. Ce fut par moi que l’on commença, l’on ne trouva rien ; vint ensuite le tour de Gaffré, il n’était pas à son aise ; enfin la fatale montre sort de son gousset ; il est un peu déconcerté, mais au moment où on l’examine, et surtout lorsqu’il entend le commissaire dire à son secrétaire, écrivez : une montre entourée de brillants, il pâlit et me regarde. Avait-il quelque soupçon de ce qui s’était passé ? je ne le pense pas ; car il était convenu que j’ignorais le vol de la montre, et, de plus, il était certain