Page:Vidocq - Mémoires - Tome 3.djvu/39

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soit un mal de jeter à la vipère le lambeau d’étoffe sur lequel doit s’épuiser son venin.

Dans une grande ville comme Paris, il ne manque pas de cœurs gangrenés, d’âmes profondément criminelles ; mais chacun des brigands que renferme cette cité, n’a pas sur le front un signe patibulaire. Il en est d’assez adroits pour fournir une longue carrière de crimes avant d’être découverts. Ceux-là sont coupables ; il ne s’agit plus que de les atteindre et de les convaincre, c’est-à-dire de les prendre la main dans le sac. Eh bien ! lorsque des individus de cette espèce m’étaient signalés, soit parce que leurs allures les rendaient suspects, soit parce qu’ils menaient joyeuse vie sans qu’on leur connût de moyens d’existence, pour couper court à leurs exploits, c’était moi qui leur tendais le sac ; et, je l’avoue sans honte, je ne m’en faisais pas scrupule. Les voleurs sont des gens dont la nature est de s’approprier le bien d’autrui, à peu près comme les loups sont des animaux voraces, dont la nature est de s’attaquer aux troupeaux. On ne peut guère confondre les loups avec les agneaux ; mais s’il est possible que les uns fussent cachés dans la peau des autres, un berger, quand il lui aurait été démontré