Page:Vidocq - Mémoires - Tome 3.djvu/43

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qui fut appliqué au personnel de la police de sûreté ; ils publièrent que ce personnel n’était composé que de forçats libérés ou d’anciens filous habiles à faire la bourse et la montre. – Peut-on, disaient-il, permettre à un pareil homme de s’entourer de la sorte ? n’est-ce pas mettre à sa discrétion la vie et l’argent des citoyens ? D’autres fois ils me comparaient au Vieux de la montagne : – Quand il voudra, il nous égorgera tous, prétendait le respectable M. Yvrier, n’a-t-il pas ses Séides ? C’est une infamie ! Dans quel temps vivons-nous ! poursuivait-il, il n’y a plus de morale, pas même à la police. – Le bon homme ! ! ! avec sa morale ! Au surplus, ce n’était pas là ce qui l’inquiétait ; messieurs les officiers de paix nous auraient volontiers pardonné d’avoir été aux galères, si le préfet avait pu ne pas s’apercevoir que quand il s’agissait de découvrir un voleur ou de l’arrêter, on devait un peu plus compter sur nous que sur eux. Notre adresse et notre expérience les tuaient dans l’opinion des magistrats : aussi, lorsqu’il leur fut démontré que tous leurs efforts pour faire prononcer mon renvoi étaient inutiles, changèrent-ils de batteries ; ils ne m’attaquèrent plus directement, mais ils