Page:Vidocq - Mémoires - Tome 4.djvu/154

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nu xùuoxnns

détresse. Frédéric, le mari de l’une d’elles, s’était établi serrurier : s’il avait eu des pratiques, il aurait pu venir à leur secours, malheureuses ment il n’e gagnait pas même de quoi acquitter son loyer et payer la patente ; on ne pouvait voir une pénurie plus grande.

Un·.jour Adèle était dans la boutique de cet homme ; depuis plus de quarante-huit heures il n’avait, ainsi ·qu’elle, pris aucune espèce de nourriture. « Allons, dit le serrurier, en affectant de prononcer des paroles plaisantes, qu’il articulait du ton le plus sinistre, il faut mou-Ã rir, petits cochons, il n’y a plus d’orge... Oui, il faut mourirn, répétait-il, ettandis qu’il sfefforçaitde sourire, ses traits se décomposaient, et une sueur froide lui coulait du front. Adèle, I silencieuse, en le visage couvert d’une pâleur mortelle, était penchée sur l’établi ; tout à coup elle se relève, elle éprouve un frémissement. « Il faut mourir.... Il le faudrait, soupire-t-elle en regardant avec un sentiment difficile à dé ».crire, les outils dont elle est entourée., » C’est la lueur d’un horrible espoir qu’elle a entrevue. Adèle s’épouvante ; elle est agitée ! une fièvre ardente la parcourt, la consume ; entre les an=-· u goisses de la faim et les terreurs de sa con-