Page:Vivien - Évocations, 1903.djvu/121

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« Celle dont l’orgueil repousse ton amour
Subira la crainte et l’angoisse brûlante,
Et tu connaîtras, dans l’ardeur du retour,
Ses lèvres d’amante. »

Elle ne sème plus les roses sur mon seuil…
Qu’importe maintenant à Psappha la promesse
De l’Aphrodita douce et terrible ? Mon seuil
A perdu le parfum des roses, et je tresse
De mes mains sans ferveur des guirlandes de deuil.
Car, seuls, les iris noirs, les violettes noires
Se fanent à mon front dépouillé de ses gloires :
Psappha ne sème plus les roses sur mon seuil.

Elle tresse des fleurs.

L’ingénieux Erôs, le tisseur de chimères,
Brode les souvenirs dans une trame d’or.
Tel qu’un amer baiser sur des lèvres amères,
Le passé me possède et me meurtrit encor.