Page:Von Moltke - La Guerre de 1870.djvu/97

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Le service de reconnaissance sur une grande étendue, à droite de l’armée, était entravé par l’obstacle que constitue la forêt de l’Argonne que la cavalerie avait peine à franchir sans le concours de l’infanterie. Les habitants commençaient à se montrer extrêmement hostiles. Le gouvernement leur avait fait distribuer des fusils et avait organisé le soulèvement en masse de la population. Jusqu’alors les Allemands n’avaient fait la guerre qu’à l’empereur ; à partir de ce moment ils se virent contraints de Itourner les armes contre la population française ; des corps de francs-tireurs organisaient de petites entreprises qui les gênaient fort, tout en ne dérangeant pas le cours des grandes opérations. Mai& forcément les soldats allemands, ne se sentant plus en sûreté ni de jour ni de nuit, s’irritaient ; la guerre prit un caractère de gravité qu’elle n’avait pas eu encore et le pays en souffrit davantag-e.

Ce jour-là, le grand quartier général, à Bar-le-Duc, reçut une dépêche envoyée de Paris par Londres, disant que Mac-Mahon était à Reims et cherchait à rejoindre Bazaine. C’est toujours chose scabreuse d’abandonner, sans qu’il

y ait nécessité absolue, un plan mûrement pesé, auquel on s’est arrêté, pour en adopter un autre nouveau et dont on n’a pas eu le temps de préparer l’exécution.

Changer complètement la direction de marche sur de simples bruits et des nouvelles qui peut-être seraient controuvées, c’eüt été l,à une mesure que rien ne justifiait. Il en serait forcément résulté bien des difficultés, les dispositions prises pour le ravitaillement et renvoi des réserves se trouveraient dérangées ; les troupes se voyant condamnées à des marches inutiles eussent pu avoir moins de confiance dans les hommes placés à la tête de l’armée.

En conséquence, les ordres pour le lendemain, qui fu