Page:Wilde - La Maison de la courtisane, trad. Savine, 1919.djvu/37

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s’est levé avec une magnificence d’enthousiasme. Les chiens de l’Autriche sont chassés bien loin du pays, par delà ces citadelles couronnées de glace, qui se dressent pour former une ceinture à la plaine de la Royale Lombardie, depuis l’Orient lointain jusqu’à la mer orientale.

Je sais, il est vrai, que, du nombre de tes fils, il en fut qui périrent dans les eaux de Lissa, sur les pentes escarpées d’Aspromonte, sur la plaine de Novare, mais ce n’est point en vain que tes enfants sont morts pour toi. Et pourtant, à ce qu’il me semble, tu n’as point bu de ce vin sorti des raisins nouvellement foulés de la Liberté divine, tu n’as point suivi cette étoile immortelle qui pousse les peuples vers les exploits guerriers. Lasse de la vie, tu restes plongée dans le silencieux sommeil. Comme celui qui suit des yeux la venue des ombres qui s’allongent, indifférent aux heures qui