Page:Wilde - La Maison de la courtisane, trad. Savine, 1919.djvu/38

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vont à pas pressés, tu portes le deuil de quelque jour de gloire, car le soleil de la Liberté ne t’a point montré sa face, et dans la course tu n’as point conquis de flambeau.

Ne te réveille pas néanmoins de ton assoupissement. Reste bien en repos parmi les Asphodèles ambrés de tes campagnes, dans tes prés semés de lis. Reste là en repos, pour railler toute grandeur humaine. Qui oserait étaler les mesquins soucis de son existence, en présence de tes ruines, ou louer les querelles ambitieuses des rois, et l’orgueil stérile des nations en guerre ? N’as-tu point été la fiancée du prince farouche qui régnait sur l’orageuse Adriatique, la reine des empires jumeaux, et les nations ne t’ont-elles pas été données en proie ? Et maintenant, tes portes restent ouvertes nuit et jour. L’herbe pousse drue sur toutes tes tours, dans tous tes palais. Le sinistre figuier a lézardé ton mur de