Page:Wilde - Le Crime de Lord Arthur Savile, trad. Savine, 1905.djvu/31

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Comme il éprouvait quelque pudeur à se mettre en avant, il traversa la pièce et s’approcha de l’endroit où lady Windermere était assise et, avec une rougeur, qui était un charme, lui demanda si elle pensait que M. Podgers voudrait bien s’occuper de lui.

— Certes oui, il s’occupera de vous, fit lady Windermere. C’est pour cela qu’il est ici. Tous mes lions, lord Arthur, sont des lions en représentation. Ils sautent dans des cerceaux, quand je le leur demande. Mais il faut auparavant que je vous prévienne que je dirai tout à Sybil. Elle vient luncher avec moi demain pour causer chapeaux, et si M. Podgers trouve que vous avez un mauvais caractère ou une tendance à la goutte, ou une femme qui vit à Bayswater[1], certainement je ne le lui laisserai pas ignorer.

Lord Arthur sourit et hocha la tête.

— Je ne suis pas effrayé, répondit-il. Sybil me connaît aussi bien que je la connais.

  1. Quartier avoisinant au nord Kensington Park, habité par les femmes entretenues par l’aristocratie de Londres (Note du traducteur.)