Page:Wilde - Le Crime de Lord Arthur Savile, trad. Savine, 1905.djvu/33

La bibliothèque libre.
Aller à : navigation, rechercher
Cette page n’a pas encore été corrigée


planches, il me sera au moins permis d’assister au spectacle, j’espère.

— Naturellement. Nous allons tous assister à la séance, répliqua lady Windermere. Et maintenant, M. Podgers, reprenez-nous et dites-nous quelque chose de joli, lord Arthur est un de mes plus chers favoris.

Mais quand M. Podgers vit la main de lord Arthur, il devint étrangement pâle et ne souffla mot.

Un frisson sembla passer sur lui. Ses grands sourcils broussailleux furent saisis d’un tremblement convulsif du tic bizarre, irritant, qui le dominait, quand il était embarrassé.

Alors, quelques grosses gouttes de sueur perlèrent sur son front jaune, comme une rosée empoisonnée et ses doigts gras devinrent froids et visqueux.

Lord Arthur ne manqua pas de remarquer ces étranges signes d’agitation et, pour la première fois de sa vie, il éprouva de la peur. Son mouvement naturel fut de se sauver du salon, mais il se contint.