Page:Wilde - Le Crime de Lord Arthur Savile, trad. Savine, 1905.djvu/40

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— Les dames n’ont pas l’habitude d’attendre, dit M. Podgers avec un sourire maladif. Le beau sexe est toujours impatient.

Les lèvres fines, et comme ciselées de lord Arthur se plissèrent d’un dédain hautain.

La pauvre duchesse lui semblait de si maigre importance en ce moment.

Il traversa le salon et vint à l’endroit où M. Podgers était arrêté.

Il lui tendit sa main.

— Dites-moi ce que vous voyez là. Dites-moi la vérité. Je veux la connaître. Je ne suis pas un enfant.

Les yeux de M. Podgers clignotèrent sous ses lunettes d’or. Il se porta d’un air gêné d’un pied sur l’autre, tandis que ses doigts jouaient nerveusement avec une chaîne de montre étincelante.

— Qu’est-ce qui vous fait penser que j’ai vu dans votre main, lord Arthur, quelque chose de plus que ce que je vous ai dit ?

— Je sais que vous avez vu quelque chose de plus et j’insiste pour que vous me disiez