À M. L. S. (« De tous ceux qui saluent ta présence »)

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Traduction par Stéphane Mallarmé.
Les Poèmes d’Edgar PoeLéon Vanier, libraire-éditeur (p. 117-118).

A M. L. S.

De tous ceux qui saluent ta présence comme le matin, — de tous ceux pour qui ton absence est la nuit, — le total effacement du sacré soleil dans le haut ciel, — de tous ceux qui, pleurant, te bénissent journellement à cause de l’espoir — de la vie — ah ! surtout de la résurrection de la foi au fond d’eux ensevelie — cela en vérité — en vertu — en humanité, — de tous ceux qui, sur le lit inconsacré du Désespoir gisant pour mourir, se sont soudainement levés à tes paroles murmurées doucement « Que la lumière soit ! » — à tes paroles murmurées doucement qui eurent pour accomplissement le séraphique élan de tes yeux, — de tous ceux qui te doivent le plus — dont la gratitude de plus près ressemble au culte — oh ! rappelle-toi le plus vrai — le plus fervemment dévoué, et pense que ces faibles lignes sont écrites par lui — par lui qui, comme il les trace, tressaille de penser que son esprit est en communion avec celui d’un ange.