Éléments de la philosophie de Newton/Édition Garnier/Partie 3/Chapitre 10

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CHAPITRE X.
De la période de 25,920 années, causée par l’attraction. — Malentendu général dans le langage de l’astronomie. Histoire de la découverte de cette période, peu favorable à la chronologie de Newton. Explication donnée par des Grecs. Recherches sur la cause de cette période.

Si la figure de la terre est un effet de la gravitation, de l’attraction, ce principe puissant de la nature est aussi la cause de tous les mouvements de la terre dans sa course annuelle. Elle a, dans

cette course, un mouvement dont la période s’accomplit en près de vingt-six mille ans : c’est cette période qu’on appelle la précession des équinoxes ; mais, pour expliquer ce mouvement et sa cause, il faut reprendre les choses d’un peu plus loin.

Le langage vulgaire, en fait d’astronomie, n’est qu’une contre-vérité perpétuelle. On dit que les étoiles font leur révolution sur l’équateur ; que le soleil chaque jour tourne avec elles autour de la terre d’orient en occident ; que cependant les étoiles, par un

autre mouvement opposé au soleil, tournent lentement d’occident en orient ; que les planètes sont stationnaires et rétrogrades. Rien de tout cela n’est vrai ; on sait que toutes ces apparences sont causées par le mouvement de la terre.

Mais on s’exprime toujours comme si la terre était immobile, et on retient le langage vulgaire parce que le langage de la vérité démentirait trop nos yeux, et les préjugés reçus, plus trompeurs encore que la vue.

Mais jamais les astronomes ne s’expriment d’une manière moins conforme à la vérité que quand ils disent dans tous les almanachs : Le soleil entre au printemps dans un tel degré du bélier. L’été commence avec le signe du cancer ; l’automne, avec la balance. Il y a

longtemps que tous ces signes ont de nouvelles places dans le ciel, par rapport à nos saisons, et il serait temps de changer la manière de parler, qu’il faudra bien changer un jour : car, en effet, notre printemps commence quand le soleil se lève avec les poissons ; notre été, avec les gémeaux ; notre automne, avec la vierge ; notre hiver, avec le sagittaire ; ou, pour parler plus exactement, nos saisons commencent quand la terre, dans sa route annuelle, est dans les signes opposés aux signes qui se lèvent avec le soleil.

Hipparque fut le premier qui. chez les Grecs, s’aperçut que le soleil ne se levait plus au printemps dans les signes où il s’était levé autrefois. Cet astronome vivait environ soixante ans avant notre ère vulgaire ; une telle découverte faite si tard, et qui devait avoir été faite beaucoup plus tôt, prouve que les Grecs n’avaient pas fait de grands progrès en astronomie.

On conte (mais c’est un seul auteur qui le dit, au iie siècle) qu’au temps du voyage des Argonautes, l’astronome Chiron fixa le commencement du printemps, c’est-à-dire le point où l’écliptique de la terre coupait l’équateur, au quinzième degré du bélier. Il est constant que, plus de cinq cents années après, Méton et Euctémon observèrent que le soleil, au commencement de l’été, entrait dans le huitième degré du cancer ; et par conséquent

l’équinoxe du printemps n’était plus au quinzième degré du bélier, et le soleil était avancé de sept degrés vers l’orient depuis l’expédition des Argonautes[1]. C’est sur ces observations, faites cinq cents ans après par Méton et Euctémon, un an avant la guerre du Péloponèse, que Newton a fondé en partie son système de la réformation de toute la chronologie ; et c’est sur quoi je ne puis m’empêcher de soumettre ici mes scrupules aux lumières des gens éclairés.

Il me paraît que, si Méton et Euctémon eussent trouvé une différence aussi palpable que celle de sept degrés entre le lieu du soleil au temps de Chiron et celui du temps où ils vivaient, ils n’auraient pu s’empêcher de découvrir cette précession des équinoxes, et la période qui en résulte. Il n’y avait qu’à faire une simple règle de trois, et dire : Si le soleil avance environ de 7 degrés, en 500 et quelques années, en combien d’années achèvera-t-il le cercle entier ? La période était toute trouvée.

Cependant on n’en connut rien jusqu’au temps d’Hipparque. Ce silence me fait croire que Chiron n’en avait point tant su que l’on dit, et que ce n’est qu’après coup que l’on crut qu’il avait fixé l’équinoxe du printemps au quinzième degré du bélier. On s’imagina qu’il l’avait fait parce qu’il l’avait dû faire. Ptolémée n’en dit rien dans son Almageste, et cette considération pourrait, à mon avis, ébranler un peu la chronologie de Newton.

Ce ne fut point par les observations de Chiron, mais par celles d’Aristille et de Méton, comparées avec les siennes propres, qu’Hipparque commença à soupçonner une vicissitude nouvelle dans le cours du soleil. Ptolémée, plus de deux cent cinquante ans après Hipparque, s’assura du fait, mais confusément. On croyait que cette révolution était d’un degré en cent années ; et c’est d’après ce faux calcul que l’on composait la grande année du monde de trente-six mille années.

Mais ce mouvement n’est réellement que d’un degré ou environ en soixante et douze ans, et la période n’est que de vingt-cinq mille neuf cent vingt années, selon les supputations les plus reçues. Les Grecs, qui n’avaient point de notion de l’ancien système connu autrefois dans l’Asie, et renouvelé par Copernic, étaient bien loin de soupçonner que cette période appartenait à la terre. Ils imaginaient je ne sais quel premier mobile, qui entraînait toutes les étoiles, les planètes et le soleil, en vingt-quatre heures autour de la terre ; ensuite un ciel de cristal, qui tournait lentement en trente-six mille ans d’occident en orient, et qui faisait, je ne sais comment, rétrograder les étoiles malgré ce premier mobile ; toutes les autres planètes, et le soleil lui-même, faisaient leur révolution annuelle, chacun dans son ciel de cristal ; et cela s’appelait de la philosophie[2] !

Enfin on reconnut dans le siècle passé que cette précession des équinoxes, cette longue période ne vient que d’un mouvement de la terre dont l’équateur, d’année en année, coupe l’écliptique en des points différents, comme on va l’expliquer.

Avant que d’exposer ce mouvement et d’en faire voir la cause, qu’il me soit encore permis de rechercher quelle pourrait être la raison de cette période.

Quelque audace qu’il y ait à déterminer les raisons du Créateur, on semble du moins excusable d’oser dire qu’on devine l’utilité des autres mouvements de notre globe. S’il parcourt d’année en année, dans son grand orbe, environ cent quatre-vingt-dix-huit millions de lieues au moins autour du soleil, cette course nous amène les saisons. S’il tourne en vingt-quatre heures sur lui-même, la distribution des jours et des nuits est probablement un des objets de cette rotation ordonnée par le Maître de la nature.

Il me paraît qu’il y a encore une autre raison nécessaire de ce mouvement journalier : c’est que si la terre ne tournait pas sur elle-même, elle n’aurait aucune force centrifuge ; toutes ses parties, pressées vers le centre par la force centripète, acquerraient une adhésion, une dureté invincible, qui rendrait notre globe stérile.

En un mot, on comprend aisément l’utilité de tous les mouvements de la terre ; mais, pour ce mouvement du pôle en 25,920 années, je n’y découvre aucun usage sensible : il arrive de ce mouvement que notre étoile polaire ne sera plus un jour notre étoile polaire, et il est prouvé qu’elle ne l’a pas toujours été ; l’équinoxe et les solstices changent ; le soleil n’est plus à notre égard dans le bélier à l’équinoxe du printemps, quoi qu’en disent tous les almanachs : il est dans les poissons, et avec le temps il sera dans le verseau. Mais qu’importe ? ce changement ne produit ni saisons nouvelles, ni distribution nouvelle de chaleur et de lumière : tout reste dans la nature sensiblement égal,

Quelle est donc la cause de cette période de vingt-cinq mille neuf cents années, si longue et en même temps si inutile en apparence ?

Dans toutes les machines composées que nous voyons, il y a toujours quelque effet qui, par lui-même, ne produit pas l’utilité qu’on retire de la machine, mais qui est une suite nécessaire de sa composition : par exemple, dans un moulin à eau il se perd une grande partie de l’eau qui tombe sur les aubes ; cette eau, que le mouvement de la roue éparpille de tous côtés, ne sert en rien à la machine ; mais c’est un effet indispensable du mouvement de la roue.

Le bruit que fait un marteau n’a rien de commun avec les corps que le marteau façonne sur l’enclume ; mais il est impossible que l’ébranlement de l’enclume n’accompagne pas cette action. La vapeur qui s’exhale d’une liqueur que nous faisons bouillir en sort nécessairement sans contribuer en rien à l’usage que nous faisons de cette liqueur ; et celui qui juge que tous ces effets sont nécessaires, quoiqu’ils ne soient souvent d’aucune utilité sensible, en juge bien.

S’il nous est permis de comparer un moment les œuvres de Dieu à nos faibles ouvrages, on peut dire que, dans cette machine immense, il a arrangé les choses de façon que plusieurs effets s’ensuivent indispensablement sans être pourtant d’aucune utilité pour nous. Cette période de vingt-cinq mille neuf cent vingt années paraît tout à fait dans ce cas : elle est un effet nécessaire de l’attraction du soleil et de la lune.

Pour se faire une idée nette de ce mouvement périodique de 25,920 ans, concevons d’abord la terre (figure 60) portée annuellement sur son grand axe A B, parallèle à lui-même autour du soleil étoile polaire.

Cet axe, porté d’occident en orient, semble toujours dirigé vers cette étoile polaire ; la terre, dans la moitié de sa course annuelle, c’est-à-dire, si l’on veut, du printemps à l’automne, a fait environ quatre-vingt-quinze millions de lieues ; mais cet espace n’est rien par rapport à l’extrême éloignement de cette étoile qu’elle regarderait toujours également, si cet axe de la terre était toujours dans le même sens A B que vous le voyez.

Mais cet axe ne persiste pas dans cette position, et au bout d’un très-grand nombre d’années, cet axe conçu sur cette ligne de l’écliptique n’est plus dans la situation A B ; il ne regarde plus son mouvement de parallélisme, il n’est plus dirigé vers cette étoile polaire. Cette différente direction n’est presque rien par rapport à l’immense étendue des cieux ; mais c’est beaucoup par rapport au mouvement de notre pôle.

Imaginez donc ce petit globe de la terre faisant sa très-petite révolution d’environ cent quatre-vingt-dix-huit millions de lieues, qui n’est qu’un point dans l’espace immense rempli d’étoiles fixes (figure 61). Son pôle, qui répond à cette étoile polaire en P, au bout de soixante-douze ans sera éloigné d’un degré.

Dans six mille cinq cents ans ce pôle regardera l’étoile T, et au bout d’environ treize mille ans répondra à l’étoile qui est en Z ; successivement notre axe de Z ira en F et retournera en P, de façon qu’au bout de 25,920 ans, ou à peu près, nous aurons la même étoile polaire qu’aujourd’hui.

Après avoir exposé la figure de cette révolution de notre axe, il sera aisé d’en connaître la raison physique. Souvenons-nous qu’en parlant des inégalités du cours de la lune. Newton a démontré qu’elles dépendent toutes de l’attraction du soleil et de la terre combinées ensemble. C’est cette attraction, cette gravitation qui change continuellement la position de la lune, comme on l’a déjà vu au chapitre vi ; réciproquement l’attraction du soleil et celle de la lune, agissant sur la terre, changent continuellement la position de notre globe ; ne perdons pas de vue que la terre est beaucoup plus haute à l’équateur que vers les pôles. Imaginez la terre en T, la lune en L, le soleil en S (figure 62).

Si la terre et la lune tournaient toujours dans le plan de l’équateur, il est constant que cette élévation des terres D E serait toujours également attirée ; mais, quand la terre n’est pas dans les équinoxes, cette partie élevée E, par exemple, est attirée par le soleil et par la lune, que je suppose en cette situation : alors il arrive ce qui doit arriver à une boule qui, chargée inégalement, roulerait sur un plan ; elle vacillerait, elle inclinerait. Concevez cette partie D tombée vers E, par l’attraction du soleil, elle ne peut aller de D en E qu’en même temps le pôle terrestre P ne change de situation, et n’aille de P en Z ; mais ce pôle ne peut tomber de P en Z que l’équateur de la terre ne réponde à une autre partie du ciel qu’à celle à qui il répondait auparavant : ainsi les points de l’équinoxe et du solstice répondent successivement, au bout de soixante-douze ans, à un degré différent dans le ciel ; ainsi l’équinoxe arrivait autrefois, du temps d’Hipparque, quand le soleil paraissait être dans le premier point du bélier, c’est-à-dire quand la terre entrait réellement dans la balance, signe opposé au bélier ; et ce même équinoxe arrive de nos jours quand le soleil paraît être dans les poissons, c’est-à-dire quand la terre est dans la vierge, signe opposé aux poissons. Par là, toutes les constellations ont changé de place ; le taureau se trouve où était le bélier, les gémeaux sont où était le taureau.

Cette gravitation, qui est l’unique cause de la révolution de vingt-cinq mille neuf cent vingt ans dans notre globe, est aussi la cause de la révolution lunaire de dix-neuf ans, qu’on appelle le cycle lunaire, et de la révolution des apsides de la lune en neuf ans. Il arrive à la lune, tournant autour de la terre, précisément la même chose qu’à cette élévation de notre globe vers l’équateur ; de sorte qu’on peut considérer la lune comme si c’était une élévation, un anneau tenant à la terre ; et on peut pareillement considérer cette éminence de l’équateur comme un anneau de plusieurs lunes.

On sent bien que le soleil doit avoir plus de part que la lune à ce mouvement de la terre qui fait la précession des équinoxes. L’action du soleil est à celle de la lune en ce cas précisément comme celle de la lune est à celle du soleil dans les marées[3].

Le lecteur soupçonne sans doute que puisque les mers se soulèvent à l’équateur, le soleil et la lune, qui agissent sur cet équateur, agissent plus sensiblement sur les marées. Le soleil contribue comme trois à peu près à ce mouvement de la précession des équinoxes, et la lune comme un. Dans les marées, au contraire, le soleil n’agit que comme un et la lune comme trois : calcul étonnant, réservé à notre siècle, et accord parfait des lois de la gravitation que toute la nature conspire à démontrer.


    « Quelques écrivains, frappés de la prodigieuse irrégularité qui paraît sur notre globe, ont cru que nous n’habitions que des ruines, et que c’est tout ce qui convient à des êtres coupables comme nous ; ces lacs issus au milieu des terres, l’Océan répandu par le détroit de Gibraltar en Europe et en Asie, tout leur paraît débris et bouleversement. Quelques philosophes plus éclairés voient au contraire un ordre admirable et nécessaire dans cette confusion apparente. Ils envisagent sur le sommet des montagnes les neiges formées par les nuages, destinées à remplir les lits des rivières ; le sein des montagnes leur offre des mines ; les mers, les lacs, les rivières, fournissent les vapeurs répandues par les vents sur le globe, retombant en pluie, et amenant la fertilité : tout paraît aux uns désordre et vengeance, tout semble aux autres arrangement et bonté.

    « C’est une étrange idée, dans Burnet et dans tant d’autres auteurs, d’imaginer qu’avant le déluge la terre était une belle sphère unie sans aucune inégalité ; si cet auteur et d’autres, qui adoptent de semblables imaginations, faisaient seulement réflexion que la terre, telle qu’elle est, a encore une surface beaucoup plus unie que ceux de nos fruits qui paraissent unis et ronds, par exemple qu’une orange, ils changeraient de langage. La chose est aisée à prouver : la terre a neuf mille lieues de circonférence, et il n’y a pas une montagne haute d’une lieue et demie ; le pic de Ténériffe n’a pas trois mille pas de hauteur. Or, qu’est-ce qu’une lieue sur neuf mille ? quelle est l’orange dont les grains ne surpassent pas de beaucoup cette proportion dans leur hauteur ? Je voudrais bien savoir d’ailleurs où auraient été les réservoirs des rivières avant le déluge dans une terre parfaitement sphérique à la rigueur ! C’est bien mal connaître la nature que de lui supposer ainsi des figures si régulières : il n’y en a qu’en mathématiques.

    « On allègue en vain les changements que le déluge universel a pu faire. Il faudrait prouver qu’il les a faits. Les philosophes qui nous ont dit comment Dieu s’y était pris physiquement pour créer le monde ne sont guère plus hardis que ceux qui nous expliquent par quelle sorte de physique Dieu s’y est pris pour le noyer. L’un et l’autre est un miracle du premier ordre ; j’entends par miracle un effet qu’aucune mécanique ne peut opérer, et qu’un être infini peut seul exécuter par une volonté particulière. Le docteur Halley a démontré par des calculs très-justes que l’eau, élevée des mers et des lacs par l’action du soleil, suffit à entretenir les nuages, les rivières et les fontaines ; et on sait que les nuages ne sont autre chose que les eaux atténuées flottantes dans l’air à une très-petite distance de la terre.

    « Quand tous les nuages auraient répandu jusqu’à la dernière particule de

    leurs vapeurs, cela n’opérerait sur la terre que de la fertilité ; et si elles tombaient dans une distribution égale, elles ne pourraient pas inonder cent toises de surface.

    « Si, pour expliquer physiquement l’inondation universelle, on suppose que toute l’eau des mers s’est répandue sur la terre, on fait une supposition encore plus ridicule : car si l’eau couvre un nouveau terrain, elle abandonne le sien, et laisse à sec précisément autant de terre d’un côté qu’elle en submerge de l’autre. « On compte que la profondeur de la mer, tant sur les côtes, où elle n’est quelquefois que de 4 à 5 pieds, qu’au milieu de l’Océan, où l’on ne peut trouver le fond, est en général de 1,500 pieds ; elle couvre la moitié du globe. Si donc elle avait pu, malgré les lois de la gravitation, se répandre uniformément, tout le globe (dans cette supposition impossible), aurait été caché sous 750 pieds d’eau. Mais les montagnes vers Quito s’élèvent au-dessus du niveau de la mer de plus de dix mille pieds : il aurait donc fallu, pour que le déluge, par les lois de la physique ordinaire, eût couvert toutes les montagnes, qu’il eût excédé partout la hauteur de dix mille pieds. « Or, comme tout notre Océan ne pouvait couvrir le globe que de 750 pieds (en supposant encore qu’il agît contre les lois des liquides), il suit évidemment qu’il aurait fallu, non pas huit océans, comme le dit Burnet, mais plus de quarante océans pour opérer le déluge. C’est donc en vain qu’on veut expliquer par la physique un des plus grands mystères qui confondent notre raison. Il vaudrait beaucoup mieux se borner à dire, avec tous les docteurs des premiers siècles, que la bande rouge de l’arc-en-ciel signifie que le monde périra par le feu, et que la bande bleuâtre signifie qu’il a été submergé. « On voit par là quels usages on peut tirer de la physique newtonienne, je veux dire de la vraie physique. Après avoir examiné la figure de la terre, venons à ses mouvements : commençons par celui qu’on soupçonne former une période de deux millions d’années.

    CHAPITRE XI.
    De la période d’environ deux millions d’années nouvellement inventée. — Premières idées sur cette période. Première idée confuse sur cette période. Mal conçue par Hérodote. Accord du calcul fait à Babylone avec celui du chevalier de Louville.

    « L’Égypte et une partie de l’Asie, d’où nous sont venues toutes les sciences qui semblent circuler dans l’univers, conservaient autrefois une tradition immémoriale, vague, incertaine, mais qui ne pouvait être sans fondement. On disait qu’il s’était fait des changements prodigieux dans notre globe et dans le ciel par rapport à notre globe. La seule inspection de la terre donnait un grand poids à cette opinion.

    « On voit que les eaux ont successivement couvert et abandonné les lits qui les contiennent ; des végétaux, des poissons des Indes, trouvés dans les pétrifications de notre Europe, des coquillages entassés sur les montagnes, rendent, dit-on, témoignage à cette ancienne vérité, et la plupart de ces coquillages, arrangés encore par lits, font voir qu’ils n’ont été ainsi déposés que peu à peu, par des marées régulières, et dans une nombreuse suite d’années.

    « Ovide, en exposant ainsi la philosophie de Pythagore, et en faisant parler

    ce philosophe instruit par les sages de l’Asie, parlait au nom de tous les philosophes d’Orient, lorsqu’il disait :

    Nil equidem durare diu sub imagine cadem
    Crediderim. Sic ad ferrum venistis ab auro,
    Sæcula. Sic toties versa es, fortuna locurum.
    Vidi ego, quod fuorat quondam solidissima tollus
    Esse fretum ; vidi factas ex æquore terras ;
    Et procul a pelago conchæ jacuere marinæ ;
    Quodque fuit campus, vallem decursus aquarum
    Fecit ; et cluvie mons est deductus in æquor,
    Eque paludosa siccis humus aret arenis.


    « On peut rendre ainsi le sens de ces vers :

    Le Temps qui donne à tout le mouvement et l’être,
    Produit, accroît, détruit, fait mourir, fait renaître,
    Change tout dans les cieux, sur la terre et dans l’air ;
    L’âge d’or à son tour suivra l’Âge de fer :
    Flore embellit des champs l’aridité sauvage ;
    La mer change son lit, son flux et son rivage ;
    Le limon qui nous porte est né du sein des eaux ;
    Le Caucase est semé du débris des vaisseaux ;
    Bientôt la main du Temps aplanit les montagnes,
    Il creuse les vallons, il étend les campagnes ;
    Tandis que l’Éternel, le souverain des temps,
    Est seul inébranlable en ces grands changements.

    « Voilà quelle était l’opinion de l’Orient, et ce n’est pas lui faire tort de la rapporter en vers, ancien langage de la philosophie.

    « À ces témoignages que la nature donne de tant de révolutions qui ont changé la face de la terre se joignait cette idée des anciens Égyptiens, peuple autrefois géomètre et astronome, avant que la superstition et la mollesse en eussent fait un peuple méprisable : cette idée était que le soleil s’était levé pendant des siècles à l’occident ; il est vrai que c’était une tradition aussi obscure que les hiéroglyphes. Hérodote, qu’on peut regarder comme un auteur trop récent, et par conséquent de trop peu de poids à l’égard de telles antiquités, rapporte au livre d’Euterpe que, selon les prêtres égyptiens, le soleil, dans l’espace de onze mille trois cent quarante ans (et les années des Égyptiens étaient de 365 jours), s’était levé deux fois où il se couche, et s’était couché deux fois où il se lève, sans qu’il y eût eu le moindre changement en Égypte, malgré cette variation du cours du soleil.

    « Ou les prêtres qui avaient raconté cet événement à Hérodote s’étaient bien mal expliqués, ou Hérodote les avait bien mal entendus. Car que le soleil eût changé son cours, c’était une tradition qui pouvait être probable pour des philosophes ; mais qu’en onze mille et quelques années les points cardinaux eussent changé deux fois, cela était impossible. Ces deux révolutions, comme nous l’allons voir, ne pourraient s’opérer qu’en près de quatre millions d’années. La révolution entière des pôles de l’écliptique ou de l’équateur s’achève en près de 1,944,000 années, et cette révolution de l’écliptique peut seule, à l’aide du mouvement journalier de la terre, tourner notre globe successivement à l’orient, au midi, à l’occident, au septentrion. Ainsi ce n’est que dans une période de deux

    fois 1,944,000 années que notre globe peut voir deux fois le soleil se coucher à l’occident, et non pas en 110 siècles seulement, selon le rapport vague des prêtres de Thèbes, et d’Hérodote, le père de l’histoire et du mensonge.

    « Il est encore impossible que ce changement fût fait sans que l’Égypte s’en fût ressentie ; car si la terre, en tournant journellement sur elle-même, eût successivement fourni son année d’occident en orient, puis du nord au sud, d’orient en occident, du sud au nord, en se relevant sur son axe, on voit clairement que l’Égypte eût changé de position comme tous les climats de la terre. Les pluies qui tombent aujourd’hui depuis si longtemps du tropique du capricorne, et qui fertilisent l’Égypte en grossissant le Nil, auraient cessé. Le terrain de l’Égypte se fût trouvé dans une zone glaciale, le Nil et l’Égypte auraient disparu.

    « Platon, Diogène de Laërce, et Plutarque, ne parlent pas intelligiblement de cette révolution ; mais enfin ils en parlent : ils sont des témoins qui restent encore d’une tradition presque perdue.

    « Voici quelque chose de plus frappant et de plus circonstancié. Les philosophes de Babylone comptaient, au temps de l’entrée d’Alexandre dans leur ville, 430,000 ans depuis leurs premières observations astronomiques, l’année babylonienne n’étant que de 300 jours ; mais cette époque de 430,000 ans a été regardée comme un monument de la vanité d’une nation vaincue, qui voulait, selon la coutume de tous les peuples et de tous les particuliers, regagner par son antiquité la gloire qu’elle perdait par sa faiblesse.

    « Enfin les sciences ayant été apportées parmi nous, et s’étant peu à, peu cultivées, le chevalier de Louville, distingué parmi la foule de ceux qui ont fait honneur au siècle de Louis XIV, alla exprès à Marseille, en 1714, pour voir si l’obliquité de l’écliptique y paraissait la même qu’elle avait été observée et fixée par Pythéas, il y avait plus de 2,000 ans. Il trouva cette obliquité de l’écliptique, c’est-à-dire l’angle formé par l’axe de l’équateur et par l’axe de l’écliptique, moindre de 20 minutes que Pythéas ne l’avait trouvée. Quel rapport de cet angle, diminué de 20 minutes, avec l’opinion de l’ancienne Égypte ? avec les 430,000 ans dont se vantait Babylone ? avec une période du monde de près de 2,000,000 d’années, et même, selon l’observation du chevalier de Louville, de plus de 2,000,000 ? Il faut voir l’usage qu’il en fit, et comment il en doit résulter un jour une astronomie toute nouvelle.

    « Si l’angle que l’axe de l’équateur fait avec l’axe de l’écliptique est plus petit aujourd’hui de 20 minutes qu’il ne l’était il y a 20,000 ans, l’axe de la terre, en se relevant sur le plan de l’écliptique, s’en approche d’un degré environ en 6,000 ans.

    « Que cet angle P E soit, par exemple, d’environ 23 degrés 1/2 aujourd’hui, et qu’il décroisse toujours jusqu’à ce qu’il devienne nul, et qu’il recommence ensuite pour accroître et décroître encore, il arrivera certainement que dans 23 fois 1/2 6,000 ans, c’est-à-dire dans 141,000 années, notre écliptique et notre équateur coïncideront dans tous leurs points : le soleil sera dans l’équateur, ou du moins s’en éloignera très-peu pendant plusieurs siècles ; les jours, les nuits, les saisons, seront égaux sur toute la terre. Il se trouve, selon le calcul de l’astronome français, calcul un peu réformé depuis, que l’axe de l’écliptique avait été perpendiculaire à celui de l’équateur, il y a environ 399,000 de nos années, supposé que le monde eût existé alors. Ôtez de ce nombre le temps qui s’est écoulé depuis l’entrée triomphante d’Alexandre dans Babylone, on verra avec

    étonnement que ce calcul se rapporte assez juste avec les 430,000 années de 300 jours que comptaient les Babyloniens ; on verra qu’ils commençaient ce compte précisément au point où le pôle boréal de la terre avait regardé le bélier, et au temps où la terre, dans sa course annuelle, avait été du midi au nord ; enfin, au temps que le soleil se levait et se couchait aux régions du ciel où sont aujourd’hui les pôles.

    « Il y a quelque apparence que les astronomes chaldéens avaient fait la même opération, et, par conséquent, le même raisonnement que le philosophe français. Ils avaient mesuré l’obliquité de l’écliptique ; ils l’avaient trouvée décroissante, et, remontant, par leurs calculs, jusqu’à un point cardinal, ils avaient compté du point où l’écliptique et l’équateur avaient fait un angle de 90 degrés, point qu’on pourrait considérer comme le commencement, ou la fin, ou la moitié, ou le quart de cette période énorme.

    « Par-là l’énigme des Égyptiens était débrouillée, le compte des Chaldéens justifié, le rapport d’Hérodote éclairci, et l’univers flatté d’un long avenir, dont la durée plaît à l’imagination des hommes, quoique cette comparaison fasse encore paraître notre vie plus courte.

    « C’est peut-être cette idée qui aura fait imaginer que toute la terre avait joui autrefois d’un printemps perpétuel : car les peuples qui ont la sphère oblique devaient l’avoir eue droite par cette révolution, supposé que la terre eût existé alors.

    « Petit à petit leur région s’était éloignée du soleil ; elle avait connu l’hiver et le dérangement des saisons ; elle était devenue moins féconde. Les hommes ne songeant pas que, dans ce cas, d’autres régions auraient pris la place de la leur, et que toutes les parties du globe auraient passé sous l’équateur à leur tour, imaginaient un siècle d’or, un règne des dieux, l’œuf d’Oromase, la boite de Pandore ; et d’une ancienne vérité astronomique il ne restait que des fables.

    « On s’opposa beaucoup à cette découverte du chevalier de Louville, et parce qu’elle était bien étrange, et parce qu’elle ne semblait pas encore assez constatée. Un académicien avait, dans un voyage en Égypte, mesuré une pyramide ; il en avait trouvé les quatre faces exposées aux quatre points cardinaux : donc les méridiens, disait-on, n’avaient pas changé depuis tant de siècles ; donc l’obliquité de l’écliptique, qui, par sa diminution, eût dû changer tous les méridiens, n’avait pas en effet diminué. Mais ces pyramides n’étaient point une barrière invincible à ces découvertes nouvelles : car était-on bien sûr que les architectes de la pyramide ne se fussent pas trompés de quelques minutes ? La plus insensible aberration, en posant une pierre, eût suffi seule pour opérer cette erreur. D’ailleurs l’académicien n’avait-il pas négligé cette petite différence, qui peut se trouver entre les points où le soleil doit marquer les équinoxes et les solstices sur cette pyramide, supposé que rien n’ait changé, et les points où il les marque en effet ? N’aurait-il pas pu se tromper dans les fables de l’Égypte, où il opérait par pure curiosité, puisque Tycho-Brahé lui-même s’était trompé de 18 minutes dans la position de la méridienne d’Uranibourg, de sa ville du ciel, où il rapportait toutes ses observations ? Mais Tycho-Brahé s’était-il en effet trompé de 18 minutes, comme on le prétend ? Ne se pouvait-il pas encore que cette différence trouvée entre la vraie méridienne d’Uranibourg et celle de Tycho-Brahé vînt en partie du changement même du ciel, et en partie des erreurs presque inévitables commises par Tycho-Brahé et par ceux qui l’ont corrigé ? Bien plus, cette période peut s’opérer de

    façon que les méridiens ne changent point : car la terre, en s’approchant de l’écliptique, peut, pendant bien des siècles, marcher toujours d’occident en orient, et Constantinople, par exemple, sera toujours en ce cas plus orientale que Paris d’un même nombre de minutes ; mais enfin le chevalier de Louville s’était pu tromper lui-même, et avoir vu un décroissement d’obliquité qui n’existe point. Pythéas surtout était vraisemblablement la source de toutes ces erreurs : il avait observé, comme la plupart des anciens, avec peu d’exactitude ; il était donc de la prudence avec laquelle on procède aujourd’hui en physique d’attendre de nouveaux éclaircissements ; ainsi le petit nombre qui peut juger de ce grand différend, demeura dans le silence.

    « Enfin, en 1734, M. Godin (l’un des philosophes que l’amour de la vérité vient de conduire au Pérou) reprit le fil de ces découvertes. Il ne s’agit plus ici de l’examen d’une pyramide sur laquelle il restera toujours des difficultés ; il faut partir de la fameuse méridienne tracée, en 1655, par Dominique Cassini, dans l’église de Saint-Pétrone, avec une précision dont on est plus sûr que de celle des architectes des pyramides. L’obliquité de l’écliptique qui en résultait est de 23° 29’ 15’’ ; mais on ne peut plus douter, par les dernières observations, que cet angle de l’écliptique et de l’équateur n’est à présent que de 23° 28’ 20’’ à peu près ; on n’est pas encore sûr que cet angle n’augmente pas quelquefois ainsi qu’il paraît diminuer : il faut être en défiance sur les réfractions inconstantes, sur les instruments dont on se sert, et surtout sur l’envie qu’on a de trouver de la diminution dans cet angle. Peut-être même l’obliquité de l’écliptique est tantôt plus grande et tantôt moindre par un balancement de la terre, dont son élévation à l’équateur est la cause ; enfin, peut-être la géographie paraît-elle décider cette question. Il faudrait mesurer exactement l’élévation du pôle des ruines de l’ancienne ville de Syène, en Égypte. L’on sait, au rapport de Strabon, dans le dernier livre de sa Géographie, que cette ville était située précisément sous le tropique du cancer, et qu’il y avait un puits très-profond dans lequel on ne voyait jamais l’image du soleil qu’au point de midi, au solstice d’été, le soleil donnant verticalement sur la surface horizontale de l’eau, au bas du puits. Strabon ajoute, au même endroit, qu’en partant de la Grèce, cette ville était la première qu’on rencontrait, où les gnomons, c’est-à-dire des colonnes érigées verticalement, n’eussent point d’ombre méridienne une fois dans l’année, savoir au solstice d’été ; de sorte que voilà deux preuves différentes qui nous assurent que du temps de Strabon, ou quelque temps avant lui, le tropique du cancer a passé par le point vertical de cette ville.

    « Or, si en mesurant à présent la latitude de l’endroit où a été autrefois cette ville, on y trouvait le pôle septentrional élevé de 23 degrés 49 minutes ou davantage, ce serait une preuve indubitable que M. le chevalier de Louville avait trouvé la vérité, et que l’obliquité de l’écliptique était diminuée de 20 minutes pendant près de dix-huit siècles.

    « Mais si, au contraire, on n’y trouvait le pôle élevé que de 23 degrés et 1/2 ou environ, il faudrait conclure, sans hésiter, que, pendant toute cette suite de siècles, l’obliquité en question a été constamment la même, ou que sa diminution n’a rien eu de considérable, et que l’espace compris entre l’équinoxiale et l’écliptique ne s’est que peu ou point rétréci. Il ne reste donc qu’à découvrir la situation de cette ancienne ville au voisinage du Nil et de l’île Éléphantine. Si je m’en rapporte au témoignage de M. l’abbé Pincia, qui était sur les lieux en 1715, la

    ville d’Assouvan est précisément bâtie sur les ruines de l’ancienne Syène : j’ai entre les mains son manuscrit. Jamais voyageur n’est entré dans un plus grand détail des raretés de l’Égypte ; mais je ne peux assez m’étonner qu’un si habile observateur ait négligé de rechercher et le puits dont parle Strabon, et les fondements de la fameuse tour de Syène, édifice si renommé dans l’antiquité qu’Ézéchiel même, tout Juif, et par conséquent tout peu instruit qu’il était, en parle en son chapitre xix.

    « Avec un peu de soin, on trouverait aisément la place de la tour et celle du puits : on préviendrait ainsi les recherches et les doutes de la postérité ; on déterminerait, par un voyage de six mois, ce que des siècles d’observations astronomiques pourront vérifier à peine. Il ne manque à la France, après l’entreprise de l’équateur et du cercle polaire, que celle de l’île Éléphantine et de Syène.

    CHAPITRE XII.
    De la période de 25,920 années, causée par l’attraction.

    « Si la période de 2,000,000 d’années n’est pas encore constatée, celle de près de 20,000 ans est aussi sûre que la révolution du jour et de la nuit. Elle est la suite évidente de l’attraction ; mais, pour expliquer ce mouvement et sa cause, il faut reprendre ici les choses d’un peu plus loin, etc. »

    Dans l’édition de 1741, tout le reste de l’ouvrage était conforme à tout ce qui suit, avec cette seule différence que, par la suppression, en 1748, des deux chapitres compris en entier dans cette note, les numéros des chapitres conservés ont été changés. (B.)

  1. On trouve en effet pour 500 ans : 6° 57’ 30’’. (D.)
  2. Peut-être serait-il plus juste de regarder tout cet édifice des sphères célestes comme des hypothèses imaginées par les astronomes, non pour expliquer le mouvement réel des astres, mais pour calculer leur mouvement apparent ; et il est certain que, dans un temps où l’analyse algébrique était inconnue, ils ne pouvaient choisir un moyen plus simple et plus ingénieux. (K.)
  3. C’est M. d’Alembert qui, le premier, a résolu, par une méthode certaine, le problème de la précession des équinoxes, c’est-à-dire qui a déterminé les mouvements que l’attraction du soleil et celle de la lune causent dans l’axe de la terre.

    Mais outre cette grande révolution, qui cause la précession des équinoxes, l’axe de la terre a un autre mouvement, qu’on nomme nutation ; ce mouvement, dont la révolution est la même, quant à la durée, que celle des nœuds de la lune, dépend principalement de l’attraction de cette planète. M. d’Alembert a employé ce phénomène observé par Bradley, et dont il a le premier développé la cause, à déterminer avec plus de précision qu’on n’avait pu faire encore la masse de la lune, c’est-à-dire le rapport de sa force attractive avec celle du soleil. L’attraction du soleil et de la terre produit un mouvement dans l’axe de la lune, et ce mouvement est la cause du phénomène appelé libration de la lune.

    Ce phénomène se calcule par les mêmes principes, de manière que l’on doit à M. d’Alembert la découverte des lois des phénomènes célestes causés par la figure des astres, comme on a dû à Newton celle des phénomènes causés par leurs forces attractives, supposées réunies à leur centre. (K.)