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Évangile d’une grand’mère/103

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Librairie de L. Hachette et Cie (p. 273-275).

CIII

LES NOCES DU FILS DU ROI.



Notre-Seigneur continua à parler en paraboles.

« Le royaume des Cieux, dit-il, est semblable à un Roi qui célébrait les noces de son fils. Il envoya ses serviteurs chercher ceux qui étaient invités ; mais ils refusèrent de venir. Il envoya encore d’autres serviteurs avec ordre de dire : « J’ai préparé mon festin ; j’ai tué mes bœufs et tout ce qui avait été engraissé ; venez, tout est prêt. » Mais les invités ne les écoutèrent pas et s’en allèrent, l’un à sa maison de campagne, l’autre à son commerce ; d’autres se saisirent des serviteurs, les accablèrent d’outrages et les tuèrent.

« À cette nouvelle, le Roi, fort en colère, envoya des soldats pour exterminer les meurtriers et brûler leurs demeures. Alors il dit à ses serviteurs : « Le festin des noces est prêt, mais ceux que j’avais invités n’étaient pas dignes d’y assister ; allez donc dans les places publiques, et appelez aux noces tous ceux que vous trouverez. »

« Les serviteurs allèrent dans toutes les rues de la ville, rassemblèrent tous ceux qu’ils rencontrèrent, bons et mauvais ; et la salle du festin fut remplie.

« Le Roi, étant entré pour voir ceux qui étaient à table, aperçut un homme qui n’était pas revêtu de la robe nuptiale. »

Armand. Qu’est-ce que c’est, la robe nuptiale ?

Grand’mère. La robe nuptiale est un bel habit qu’on donnait pour les jours de fête à tous les invités.

« Mon ami, lui dit le Roi, comment êtes-vous entré ici sans avoir la robe nuptiale ? » Cet homme ne répondit rien.

« Alors le Roi dît à ses serviteurs : « Liez-lui les mains et les pieds, et jetez-le dehors dans les ténèbres. »

« C’est là qu’il y aura des pleurs et des grincements de dents. Car beaucoup sont appelés, mais peu sont élus. »

Louis. Je ne comprends pas bien cette parabole. Que signifient le Roi et les noces du fils du Roi ?

Grand’mère. Le Roi était l’image du bon Dieu, comme dans toutes les paraboles de Notre-Seigneur.

Les noces du fils du Roi signifiaient l’union de Jésus, Fils de Dieu, avec les hommes dont il a bien voulu prendre la nature et la forme.

Les invités représentaient les Juifs, invités les premiers, pour venir prendre part au festin de l’Eucharistie, que Notre-Seigneur allait instituer sous peu de jours, comme je vous le dirai bientôt, et dans lequel Dieu se donne lui-même à nous, pour nous servir de nourriture.

Les serviteurs qu’il envoie sont d’abord les Prophètes, puis les Apôtres, les disciples, et plus tard les Prêtres, les Missionnaires, qui ont été accablés d’outrages, de mauvais traitements et qui ont été mis à mort.

Les soldats envoyés par le Roi pour punir les méchants, représentent les malheurs, les calamités, comme la guerre, la peste, les maladies, les révolutions, que Dieu envoie pour châtier les hommes et les peuples qui repoussent les envoyés de Dieu et qui les maltraitent au lieu de les honorer et de les écouter.

Le festin auquel assiste un homme qui n’est pas revêtu de la robe nuptiale, est la sainte Communion, que veulent recevoir les personnes qui n’ont pas purifié leur âme par une sincère confession, par le repentir de leurs fautes et qui vivent dans le péché.

Le silence que garde l’homme non revêtu de la robe nuptiale, représente la dureté de cœur, l’indifférence de ceux qui n’écoutent pas la voix de Dieu et qui restent pécheurs.

L’ordre donné par le Roi de jeter cet homme dans les ténèbres extérieures, c’est le jugement de Dieu contre les pécheurs rebelles qui meurent dans leurs péchés et que Dieu condamne à l’enfer.