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Évangile d’une grand’mère/129

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Librairie de L. Hachette et Cie (p. 337-339).

CXXIX

JÉSUS LÈGUE SA MÈRE À SAINT JEAN.



Il y avait trois heures que Jésus était sur la croix. Vers la sixième heure du jour, c’est-à-dire vers midi, des ténèbres miraculeuses couvrirent toute la terre jusqu’à la neuvième heure.

Pierre. Était-ce une éclipse de soleil ?

Grand’mère. Non, ce n’était pas une éclipse ordinaire ; mais une obscurité étonnante sans aucune cause naturelle, qui répandit partout la terreur et dont plusieurs historiens même païens ont parlé dans des livres qui sont arrivés jusqu’à nous. Un de ces historiens assure que l’obscurité était si grande que l’on voyait distinctement les étoiles.

Au pied de la croix, se tenait debout, immobile et brisée de douleur, Marie, la Mère du divin Sauveur.

Élisabeth. Pauvre Sainte Vierge, comment avait-elle le courage d’assister à un si cruel supplice ?

Grand’mère. La Sainte Vierge avait reçu, comme Mère de Dieu, un courage et une force surnaturels. Elle ne faisait qu’un avec Jésus ; elle souffrait avec lui de loin comme de près ; elle acceptait comme lui le sacrifice qu’il faisait de sa vie pour sauver les hommes ; elle l’acceptait avec le même amour et la même soumission à la volonté du Père Éternel : elle partageait l’amour de son Divin Fils pour les hommes.

La Sainte Vierge au pied de la croix était là comme le prêtre qui offre le sacrifice de la messe ; elle offrait son Fils pour le salut des pécheurs.

La Sainte Vierge était accompagnée de saint Jean qui ne la quittait pas, de sainte Marie-Madeleine et de quelques saintes femmes qui suivaient habituellement Notre-Seigneur.

Sur le Calvaire ou Golgotha, l’humanité tout entière, les chrétiens de tous les siècles, étaient représentés par saint Jean, le disciple bien-aimé de Jésus.

Le Sauveur, ranimant ses forces épuisées, jeta les yeux sur sa Mère et sur saint Jean, qui le contemplaient tous deux avec une douloureuse tendresse. Du regard, il montra saint Jean à sa mère.

« Femme dit-il, voilà votre fils ! »

Et tournant ensuite les yeux vers son fidèle Apôtre, il ajouta :

« Voici ta mère ! »

Jésus donnait ainsi à Marie tout le genre humain, comme devant le remplacer dans le cœur de cette Mère Divine. Et il donna Marie pour Mère à tout le genre humain, Elle, pour nous aimer, nous protéger, nous secourir, sans jamais se lasser, comme une vraie mère. Et nous, pour aimer, vénérer, implorer Marie, sans jamais craindre de fatiguer sa tendresse et sa bonté maternelles. Ainsi, non content de nous avoir laissé son propre corps comme nourriture dans la sainte Eucharistie, il nous laisse encore une Mère miséricordieuse que nous pouvons et devons toujours invoquer, qui nous vient toujours en aide et qui nous obtient des grâces qu’elle seule peut obtenir. La piété et l’amour envers Marie deviennent ainsi inséparables de la piété et de l’amour envers Jésus, notre Dieu et notre Sauveur.