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Évangile d’une grand’mère/138

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Librairie de L. Hachette et Cie (p. 358-359).

CXXXVIII

THOMAS DIDYME INCRÉDULE.



L’Apôtre saint Thomas, caché hors de Jérusalem, entendit pourtant parler de ce qui se passait. Revenu de sa première frayeur, il se hasarda à rentrer dans la ville et à venir rejoindre ses frères. Mais ceux-ci eurent beau lui dire qu’ils avaient vu Jésus ressuscité, qu’il avait mangé en leur présence, qu’il était apparu à plusieurs reprises et en divers endroits, aux Apôtres et aux saintes femmes, Thomas refusa de le croire.

« Si je ne mets la main dans le trou de son côté, disait-il, et si je ne touche du doigt les plaies de ses pieds et de ses mains, je ne croirai pas. »

Or, le huitième jour après Pâques, les Apôtres, et cette fois Thomas avec eux, étant réunis dans le Cénacle pour la prière, les portes et les fenêtres de la salle étant fermées, Jésus se trouva tout à coup devant eux, et se tournant vers Thomas :

« Donne-moi la main, lui dit-il, et approche-la de mon côté. Mets ton doigt dans mes plaies, et ne sois plus incrédule, mais fidèle. »

L’Apôtre, convaincu à son tour, se prosterna, et, plein de repentir et de foi, il s’écria :

« Mon Seigneur et mon Dieu ! »

Et Jésus lui dit sévèrement :

« Parce que tu as vu, Thomas, tu as cru. Heureux ceux qui n’ont pas vu, et qui cependant ont cru. »

Madeleine. Nous sommes alors bienheureux, nous autres catholiques, puisque nous croyons sans avoir vu.

Grand’mère. Certainement ; c’est de nous tous que Notre-Seigneur a dit : « Heureux ceux qui croient sans avoir vu ! » Mais il ne suffit pas d’avoir la foi, il faut vivre suivant notre foi, et pratiquer toutes les vertus chrétiennes que Notre-Seigneur nous a indiquées dans l’Évangile par ses paroles et par ses exemples.