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Évangile d’une grand’mère/72

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Librairie de L. Hachette et Cie (p. 198-200).

LXXII

LE SAMARITAIN.



Un Docteur de la loi dit un jour à Jésus, pour le tenter et le compromettre vis-à-vis du peuple :

« Maître, que faut-il que je fasse pour posséder la vie éternelle ? »

Jésus lui répondit :

« Qu’y a-t-il d’écrit dans la loi ? Qu’y lis-tu ? »

Celui-là répondit :

« Vous aimerez le Seigneur votre Dieu de tout votre cœur et de tout votre esprit, et votre prochain comme vous-même. »

Jésus lui dit :

« Tu as fort bien répondu ; fais cela et tu vivras. »

Mais celui-ci, voulant se faire passer pour un homme de bien, qui cherche à s’instruire de la loi pour la pratiquer, demanda à Jésus :

« Et qui donc est mon prochain ? »

Jésus, prenant la parole, lui dit :

« Un homme, qui allait de Jérusalem à Jéricho… »

Petit-Louis. Était-ce loin Jéricho ?

Grand’mère. Jéricho était à cinquante stades de Jérusalem ; une stade faisait cent quatre-vingt-cinq mètres de nos mesures ;

Le bon Samaritain.


donc, cinquante stades, faisaient neuf kilomètres un quart, à deux mètres près, ou bien deux lieues un quart.

« Un homme allant donc à Jéricho, rencontra des voleurs, qui le dépouillèrent de tous ses vêtements et de tout ce qu’il possédait, le couvrirent de plaies et de blessures et s’en allèrent, le laissant par terre à moitié mort.

« Or, il arriva qu’un Prêtre juif allait par le même chemin ; il vit cet homme et il passa outre. Un Lévite étant venu près de là, le vit aussi et passa de même.

« Mais un Samaritain qui voyageait, vint à passer près de cet homme, et l’ayant vu, il fut touché de compassion. S’étant donc approché il pansa ses plaies après y avoir versé de l’huile et du vin ; et le mettant sur son cheval, il le conduisit à une hôtellerie et prit soin de lui.

« Et le jour suivant, tirant deux pièces d’argent de sa bourse, il les donna à l’hôte et dit :

« Prenez soin de cet homme et tout ce que vous dépenserez de plus, je vous le rendrai à mon retour. » De ces trois, lequel vous paraît avoir été le prochain de celui qui était tombé entre les mains des voleurs ? »

Le Docteur répondit :

« Celui qui a été compatissant pour lui. »

Et Jésus lui dit :

« Allez, et faites de même. »

Henri. Grand’mère, pourquoi Notre-Seigneur a-t-il raconté que le Prêtre et le Lévite avaient été méchants pour le pauvre homme, et que le Samaritain avait seul été bon pour lui ? Les Prêtres et les Lévites étaient pourtant du peuple juif que le bon Dieu protégeait.

Grand’mère. C’est exprès que Notre-Seigneur l’a dit ainsi, pour diminuer l’orgueil des Prêtres et des Lévites qui se croyaient supérieurs à tous les autres hommes et qui dédaignaient principalement les Samaritains. Il a surtout voulu indiquer que les autres peuples avaient autant de droits que le peuple juif aux grâces du bon Dieu, et qu’il venait sur la terre pour tous les hommes, de toutes les religions.