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Analyse du Kandjour/Gyut/11

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Traduction par Léon Feer.
Texte établi par Musée Guimet, Paris (Tome 2p. 312-316).
VOLUME XI. — (Da)

Vingt ouvrages distincts :

1. Mahâ mani vipula vimâna-viçva-supratiṣṭhita guhyan paramarahasyam kalpa-râja-nâma dhâranî, tib. Nor-bu-chen-po-rgyas-pahi-gjal-med-khang-çin-tu-rab-tu-gnas-pa-gsang-va-dam-pahi-cho-ga-jib mohi-rgyal po jes bya-vahi gzungs, ནོར་བུ་ཆེན་པོ་རྒྱས་པའི་གཞལ་མེད​་ཁང་ཤིན་ཏུ་རབ་ཏུ་གནས་པ་གསང་བ་དམ་པའི་ཆོ་ག་ཞིབ་མོའི་རྒྱལ་པོ་ཞེས་བྱ་བའི་གཟུངས་ (folios 1-40). Dhâranî contenant une description de rites sacrés et de cérémonies. — Salutation : Adoration au Buddha et à tous les Bodhisattvas. — Prononcé par Com-dan-das (Çâkya) ou Bhagavat, à la demande du Bodhisattva Vajrapâni (Chakna Rdorje) son acolyte. Sujet : Doctrine mystique et morale, description de mandalas, cérémonies, mantras ou incantations.

2. Bodhigarbhâlankâra-lakha dhâranî, tib. Byang-chub-kyi sñing-po rgyan-hbum gyi gzungs, བྱང་ཆུབ་ཀྱི་སྙིང་པོ་རྒྱན་འབུམ་གྱི་གཟུངས (folios 10-41). Dhâranî renfermant cent mille ornements de la sainte essence (Bodhigarbha).

Quelques phrases sanskrites importantes, en forme de prière ou de charme (aux effets merveilleux).

3. Guhya-dhâtu karanda mûdra-dhâranî. tib. Gsang-va-ring-bsrel-gyi za-ma-tog གསང་བ་རིང་བསྲེལ་གྱི་ཟ་མ་ཏོག​ (folios 41-50). Dhâranî sur les mystères d’un vaisseau contenant quelques reliques sacrées. Description par Çâkya des saintes reliques de quelques Tathâgatas. Il y a des phrases sanskrites importantes, des charmes ou mantras.

4. Vipala-praveça, tib. Yangs-pahi grong-khyer-du hjug-pa, ཡངས་པའི་གྲོང་ཁྱེར་དུ་འཇུག་པ (folios 50-57) : « L’entrée dans la grande ville » (Vaiçâlî) (folio 59). Çâkya. voyageant dans le pays de Vṛji, va à Yangs-pa-can (Sk. Vâiçâlî). Il envoie Kun-dgah-vo (Sk. Ananda) à la porte de la ville pour y réciter quelques mantras (en sanskrit) et quelques vers de bénédiction. Ce même épisode a été signalé dans le second volume de la classe Dulva (folios 120-132)[1].

5. Buddha-hṛdayam-dhâranî, tib. Sangs-rgyas-kyi-sñing-po gzungs, སངས་རྒྱས་ཀྱི་སྙིང་པོ – གཟུངས (folios 58-62) : « L’essence du Buddha » Dhâranî. Quelques phrases sanskrites ; histoire de leurs merveilleux effets, quand on les répète fréquemment.

6. Sarva-Buddha angavatî dhâranî, tib. Sangs-rgyas-thams-cad-kyi-yan-lag-dang-ldan-pahi-gzungs སངས་རྒྱས་ཐམས་ཅད་ཀྱི་ཡན་ལག་དང་ལྡན་པའི་གཟུངས​ (folios 62-64). Dhâranî contenant toutes les parties (ou tous les membres) d’un Buddha. Adressée par Çâkya aux quatre grands rois résidant aux quatre côtés du Ri-rab (Sk. Meru).

7. Dvâdaça buddhakam, tib. Sangs rgyas-vcu-gñis-pa, སངས་རྒྱས་བཅུ་གཉིས་པ (folios 64-70). Sûtra sur douze Buddhas. Çâkya dit à Maitreya (Camba) les grandes perfections de douze Buddhas résidant à une immense distance à l’est et vers d’autres coins du monde. Bienfaits résultant de l’action d’entendre leurs noms et leurs perfections (en vers). Traduit par Jina-Mitra, Dânaçila et Ye-çes-sde (dans le neuvième siècle).

8. Sapta-Buddhakam, tib. Sangs-rgyas-vdun-pa, སངས་རྒྱས་བདུན་པ (folios 70-76). Sûtra sur sept Buddhas. Quelques mantras proférés successivement par les sept Buddhas (apparaissant assis dans l’air), à commencer par Vipaçyi à la demande d’un Bodhisattva. — Voir le volume XXII (Za) de la classe Mdo, n° 4[2].

9. Vimala Dhâranî, tib. Dri-ma-med-pa-gzungs, དྲི་མ་མེད་པ་གཟུངས (folios 77-83) : « L’immaculée », Dharanî. — Énumération de plusieurs bonnes qualités du Buddha. — Quelques mantras ou Dharanîs.

10. Vaiçevatî dhâranî, tib. Khyad-pnr-can-gyi-gzungs, ཁྱབ་པར་ཅན་གྱི་གཟུངས​ (folios 84-87). Remède spécial ou Dharanî extraordinaire, par Manjuçri. Phrases et charmes (en sanskrit) pour guérir toutes sortes de maux et de maladies.

11. Aṣṭa-mandalaka-sûtra, tib. Dkyil-hkhor-vrgyad-pa, དཀྱིལ་འཁོར་བརྒྱད་པ (folios 87-89). Huit mandalas. — Les bija-mantras de huit Bodhisattvas prononcés par Çâkya, à la demande de Ratna-Garbha, etc., à Gru-hdzin (Sk. Potala).

12. Alpa axara prajñâ-pâramita, tib. Çes-rab-kyi-pha-rol-tu-phyin-pahi-yi-ge ñung-du, ཤེས་རབ་ཀྱི་ཕ་རོལ་ཏུ་ཕྱིན་པ་ཡི་གི་ཉུང་དུ (folios 89-92)[3]. La sagesse transcendante, en peu de lettres », par Çâkya à Avalokiteçvara (tib. Spyan-ras gzigs-dvang-phyug). Il y a quelques mantras.

13. Bhagavatî prajñâ pâramitâ hṛdaya, tib. Bcom-ldan hdas-ma ces-rab-kyi-pha-rol-tu-phyin-pahi sñing-po, བཅོམ་ལྡན་འདས་མ་ཤེས་རབ་ཀྱི་པ་རོལ་ཏུ་ཕྱིན་པའི་སྙིང་པོ (folios 92-94 : « Essence de l’excellente sagesse transcendante ». La salutation est : Adoration à Bhagavatî, la sagesse transcendante (Prajñâ pâramitâ). Quelques explications sur des termes abstraits de la Prajñâ pâramitâ, par exemple : sur les cinq agrégats constituant le corps et l’âme de l’homme, données par Chenrezik à la demande de Çâri-hibu[4].

14. Point de titre sanskrit, Sangs-rgyas-bcom-ldan-hdas-kyi-mts’an-brgya-rtsa-brgyad-pa-gzungs-sngags dang-vcas-pa སངས་རྒྱས་བཅོམ་ལྡན་འདས་ཀྱི་མཚན་བརྒྱ་རྩ་བརྒྱད་པ་གཟུངས་སྔགས་དང་བཅས་པ (folios 94-100). « Les cent huit noms ou épithètes du Buddha Bhagavat, avec des Dharanîs ou charmes. La salutation est : Adoration à celui qui sait tout. Éloges en vers de plusieurs noms ou épithètes du Buddha (Çâkya).

15. Arya Manjuçri mûla tantra, tib. Hphags-pa hjam-dpal-gyi-rtsa-vahi-rgyud, འཕགས་པ་འཇམ་དཔལ་གྱི་རྩ་པའི་རྒྱུད (folios 100-483). Tantra original sur le vénérable Manjuçri. Salutation : Adoration au Buddha et à tous les Bodhisattvas. Adressé par Com-dan-das (Çâkya) aux Bodhisattvas et aux dieux assemblés (dans le Gnas-gtsang གནས་གཙང, la résidence sacrée située dans le ciel le plus élevé) dans un entretien avec Manjuçri, sur la conduite morale des Boddhisattvas. — Énumération et recommandation de diverses vertus (folio 122). Manjuçri (dans ses extases) prononce plusieurs mantras tel que le suivant : Nama : Samanta-Buddhânâm abhâva svabhâva mungatânâm. Nama : Pratyekabuddha-ârya-çrâvakânâm. Namo Bodhisattvâ nâm daçabhûmi-pratiṣthiteçvarânâm Bodhisat tvânâm mahâsattvânâm tadyathâ. Om ! Khakha khâhi khâhi etc… Description de toutes sortes de mandalas, rites, cérémonies (folios 881 300). Astrologie, exposé par Çâkya. Les divers Naxatras (constellation d’étoiles), mois et jours heureux et malheureux. — Caractères des hommes nés dans l’un d’eux. Folio 426. Prédiction par Çâkya relativement à la naissance de quelques grands hommes qui ont vécu dans l’Inde plusieurs générations après lui, comme Pânini, Candragupta (tib. Zla-va-sbas-pa), ཟླ་བ་སྦས་པ, et aussi Nâgarjuna (tib. Klu-sgrub, ཀླུ་སྒྲུབ et Arya-Sanga (tib. Hphags-pa-thogs-med, འཕགས་པ་ཐོགས་མེད), deux philosophes de premier ordre, dont le Stan-gyur renferme plusieurs ouvrages et qui sont l’Aristote et le Platon des Bouddhistes, les fondateurs d’une philosophie raisonnable, théorique et pratique, — les chefs des écoles Madhyamika et Yogâcârya.

Nota. — On suppose généralement que Nagarjuna a fleuri 400 ans après la mort de Çâkya, qu’il est né dans le Sud de l’Inde et a vécu 600 ans. Certaines données chronologiques me font croire que Arya-sanga vivait dans le vie ou le viie siècle après J. C.

Ce tantra est un très savant et très intéressant traité, fréquemment cité par les écrivains tibétains. La scène est placée dans le ciel le plus élevé ; mais on y a introduit une foule de faits vraiment historiques relatifs à la vie des princes qui ont favorisé le bouddhisme ou persécuté les bouddhistes dans l’Inde.

Traduit par ordre du roi ou prince tibétain Byang-chub-hodTholing en Guge, au-dessus de Garhwal et de Kamaon dans le onzième siècle) par Kumâra kalaça et par le gelong Çâkya Logros.

16. Siddhi eka-vîra, tib. Dpah-vo-gcig-tu-grub-pa, དཔའ་བོ་གཅིག་ཏུ་གྲུབ་པ (folios 483-499) : « Le héros (ou champion) parfait (ou prêt) », doctrine mystique sur la purification de toutes les imperfections pour obtenir la délivrance. Mandalas, cérémonies, mantras. Traduit par Dipankara Çrî-Jñâna et Gevay Logros. (Folios 499-500). Éloge de Manjuçri, le subtil, par Com-dan-das (folios 500-501). Éloge adressé par huit jeunes filles à Mañjuçri, le prince de l’éloquence.

17. Mañjuçri sâkyâto nâma dhâranî, tib. Hjam-dpal-jal-nas-gsungs pahi gzungs, འཧམ་དཔལ་ཞལ་ནས་གསུངས་པའི་གཟུངས​ (folio 501). Dhâranî prononcée par Mañjuçri lui-même : « J’adore les trois saints. » Namo Ratna-trayâya, etc. Phrases sanskrites importantes, sorte de collecte ou de courte prière compréhensive.

18. Mañjuçri kumârabhûtasya prajñâ buddhi varddhana nâma dhâranî, tib. Hjam-dpal-gyi-çes-rab-dang-blo-hphel-vahi-gzungs, འཇམ་དཔལ་གྱི་ཤེས་རབ་དང་བློ་འཕེལ་བའི་གསུངས​ (folios 502). Dhâranî par Mañjuçri pour accroître la finesse et l’intelligence. Quelques autres Dhâranîs, par le même.

19. Prajña pâramitâ nâma aṣṭa-çatakam, tib. Çes-rab-kyi-pha-rol-tu phyin-pahi-mts’an brgya-rtsa-brgyad-pa, ཞེས་རབ་ཀྱི་ཕ་རོལ་ཏུ་ཕྱིན་པའི་མཚན་བརྒྱད་པ (folios 502-505). Les cent huit noms de la Prajñâ-pâramitâ ou sagesse transcendante. Salutation : Adoration à Bhagavati Prajñâ-pâramitâ. Plusieurs expressions ou propositions sur la nature insondable de l’intelligence suprême[5].

20. Kauçika Prajñâ paramitâ, tib. Çes-rab-kyi pha-rol-tu phyin-pa Kauçika, ཞེས་རབ་ཀྱི་ཕ་རོལ་ཏུ་ཕྱིན་པ་ཀོཞིཀ (folios 505-508). Çâkya dit à Indra comment on doit entendre cette notion abstraite Prajñâ-pâramitâ[6].

  1. Ce texte n’est que la répétition du Sûtra du volume XXVI du Mdo, intitulé : Vaîçalî praveça Sûtra. Vipula, qui signifie « large », est une sorte de synonyme du nom de la ville Vaîçâlî qui a précisément ce même sens. (L. F.). 
  2. Ce texte est la répétition du Sûtra 7, du volume XXII du Mdo. (L. F.). 
  3. Répétition d’un des textes de la section II, Çer-phyin, Sna ts’ogs, vol. XXI 11e.
    (L. F.). 
  4. Répétition d’un des textes de la section II, Çer-phyin, Sna ts’ogs, vol. XXI 13e. (L. F.). 
  5. Répétition d’un des textes du Çer-phyin section II, Sna-ts’ogs, vol. XXI, 7e (L. F.) 
  6. Répétition d’un des textes du Çer-phyin section II, Sna-ts’ogs, vol. XXI, 10e (L. F.)