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Analyse du Kandjour/Gyut/12

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Traduction par Léon Feer.
Texte établi par Musée Guimet, Paris (Tome 2p. 317-318).

VOLUME XII. — (Na)

Il n’y a dans ce volume que deux ouvrages tous les deux sur le même sujet et renfermant les mêmes matières. L’un a été traduit du chinois, et l’autre de l’indien ou du sanskrit. En voici les titres et le contenu :

1. Chinois. (Il y a, par erreur, dans le volume : Rgya-gar-skad-du, རྒྱ་གར་སྐད་དུ, au lieu de Rgya-nag-skad-du རྒྱ་ནག་སྐད་དུ Dehi çing kim kvang med jvahi çing-vang kyang, tib. Hphags-pa-gser hod-dam-pa mchog-tu rnam par rgyal-va-mdo sdehi-rgyal-po jes bya-va theg-pa chen pohi mdo, འཕགས་པ་གསེར་འོད་དམ་པ་མཆོག་ཏུ་རྣམ་པར་རྒྱལ་བ་མདོ་སྡེའི་རྒྱལ་པོ་ཞེས་བྱ་བ་ཐེག་པ་ཆེན་པོའི་མདོ (folios 1-208). Trente-trois chapitres. — Traduit du chinois par Bande-chos-grub.

2. Sanskrit, Arya-suvarna-prabhâsa uttama sûtra Indra Râja nâma mahâ yâna sûtra, tib. Hphags-pa gser-hod-dam-pa-mdo-sdehi-dvang-pohi rgyal-po jes bya-va theg-pa chen-pohi-mdo. འཕགས་པ་གསེར་འོད་དམ་པ་མདོ་སྡེའི་དབང་པོའི་རྒྱལ་པོ་ཞེས་བྱ་བ་ཐེག་པ་ཆེན་པོའི་མདོ (folios 208-385). « Le meilleur éclat » (ou la meilleure clarté) de l’or, ou le prince de tous les Sûtras, vénérable Sûtra de grand Véhicule en vingt-deux chapitres. — Traduit par Jina-mitra, Çila-Indra-Bodhi (pour Çilendra, etc.,) et Bande-Ye-çes-sde.

Ce Sûtra fut prononcé par Bhagavat (Çâkya) à Râjagṛha sur le Gṛdhra kûta parvata (tib. Bya-rgod-kyi-phung-pohi-ri) en présence de ses disciples Çravakas (parmi lesquels sont mentionnés les cinq qui deviuront ses premiers disciples à Vârânasi (Ajñâna Kondinya, etc.) de toutes sortes de Bodhisattvas, dieux, démons et d’un grand nombre de Licchavyi Kumâras[1].

Sujet : plusieurs points tant de la dogmatique que de la morale de la foi bouddhique. Quelques vers sur des impossibilités par un Kumâra Lîcchavyi. Plusieurs des auditeurs comme Çârihi-bu, la déesse Sarasvati (tib. Dvyangs-can-ma) et Laxmî {Sahi-lha-mo-brtan-ma) questionnent Çâkya sur divers sujets, comme aussi les quatre grands rois résidant aux quatre côtés du Ri-rab (Sk. Meru), dont les noms sanskrits sont : Vaiçravana, Dhṛtarastra, Virudhaka, Virupana. — Aux folios 286-7, on trouve une adoration exprimée à un grand nombre de Buddhas résidant à plusieurs coins du monde. Les auditeurs admirent beaucoup l’excellence de ce Sûtra et en font l’éloge. Çâkya le confie à leurs bons soins. Le commencement de ce Sûtra, en ce qui touche les qualifications des Çrâvakas, ressemble beaucoup à celui du Çer-chin ou de la Prajñà pâramitâ. C’est pour tous les bouddhistes un Sûtra de prédilection ; et c’est aussi l’un des neuf Dharmas qui sont au Népal l’objet d’un respect particulier (Voir Asiatic Researches vol. XVI, page 424, « Nine Sûbarana Prabhâ et, page 428, Suvarna Prabha). »


  1. Burnouf a donné de ce texte une analyse très détaillée (Intr. à l’hist. du Buddh. ind., p. 471-77) ; Schmidt en a traduit quelques fragments d’après la version mongole. (Ce Sûtra est très estimé en Mongolie). Voici ce qu’en dit Wassilief :

    « Il est riche en épisodes et légendes variées où se remarque l’effort pour faire valoir le mérite de ce Sûtra. L’enseignement religieux y touche les notions du Nirvana, des trois corps du Buddha, le repentir, l’exhortation, la participation à la joie et la prière (Smon-lam). Ces quatre derniers points sont des moyens pour anéantir les quatre espèces d’empêchement, savoir : la violation des règles des Bodhisattvas, le décri des Sûtras du grand Véhicule, le défaut d’intelligence pour augmenter les vertus, l’attachement au Samsâra. Ensuite vient l’enseignement de la Bodhi, de la vérité absolue, des dix Pâramitâs et des dix royaumes » (Le Bouddhisme, p. 153). (L. F.)