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Anthologie japonaise ; poésies anciennes et modernes/Hyakou-nin-is-syou/À ma maîtresse

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VERS ADRESSÉS PAR L’AUTEUR
À SA MAÎTRESSE



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Ake nureba kururu-mono to-va siri-nagara,
Naho uramesiki asaborake kana[1].



Une autre nuit, je sais, doit succéder au jour ;
Cependant, pour mon cœur, l’aurore est détestable.


Ces vers, extraits du Siû-ï-siû et composés par Fudzi-wara-no Mitsi-nobu A-son, ont été envoyés par l’auteur à sa maîtresse qu’il avait quittée au point du jour, afin de lui exprimer sa tristesse de ne pas la revoir avant la nuit.

Sous le règne de l’empereur Itsi-deô-no In, le sixième mois de la troisième année de l’ère Syô-ryakŭ (995 de notre ère), le père de l’auteur, le daï-zyô-daï-zin Tame-mitsŭ, mourut. Mitsinobou, pénétré des sentiments de l’amour filial, aurait voulu porter le deuil au delà d’une année ; les institutions du pays l’obligeant à le quitter, il composa la pièce de vers suivante :




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Kageri areba keô nugi sŭtetsŭ fudzi goromo
Hate naki mono-wa namida nari keri.


Puisque l’usage au deuil veut qu’on fixe des bornes, mes funèbres habits me quittent aujourd’hui 5 mais mes larmes, du moins, ne me quitteront pas.

  1. Hyakŭ-nin-is-syu, pièce liv ; Hito-yo gatari, vol. IV, fo 53 ; Sika-zen-yo, p. 17.